Top articles
-
Le Patriarche (Chant VIII)
Maintenant qu'Aïdigalayou avait fuit tout motif de consternation, tandis que la nuit était fort avancée, il s'apprêtait à faire son entrée dans la ville. Seulement, la fatigue l'accablait et il ne se sentait aller plus loin ; il fit quelque pas car il...
-
Louis Vidal, nous voilà ! - La solitude
7. Voilà que Louis Vidal courait maintenant. Eperdument, il courait : avec cette rage impétueuse qu’inflige la fuite et cependant cette droiture éprouvée que donne le retour ; car Louis Vidal n’avait pas pour seul guide la volonté farouche de s’éloigner...
-
Fafouette : quarante-cinquième - Du temps
Le temps, je vous le dis tout net : je n’y crois pas une seconde. J’ai récemment fait une expérience, absolument édifiante ; il s’agissait de regarder successivement deux vidéos, de 10 secondes chacune. Dans la première : une donzelle néréide en petite...
-
Journal d'un amateur de gare
Aujourd’hui, j’ai pris le train. Quand on y pense, c’est quelque chose, de prendre le train ; c’est beau, je veux dire. Déjà, la gare, c’est incroyable. On voit la vie en concentré, c’est violent et ça rafraîchit. Rien que de voir un voyageur qui part...
-
Histoire de l'échec, L'échec et le monde antique
I. L'échec et le monde antique Les Grecs éprouvaient-ils l'échec comme nous autres le connaissons. Étaient-ils sensibles à cette flétrissure que nous n'avons pas encore assez définit sérieusement, mais qui cependant imprégneraient leurs êtres de sorte...
-
Louis Vidal, nous voilà ! - De Clovis à Sarkozy (1/10)
13. NEKUIA - 1/10 « Souviens-toi du Vase de Soisson ! » Une pénombre grisâtre chatoyait lugubrement dans la fosse profonde – danse sinistre – et Louis Vidal en était terrifié, bouleversé, fasciné. En d’aériens remous et ressacs, le sombre nuage de fumée...
-
Mes carpatistes (Chant X)
1. Aïdigalayou demeura longtemps avec ses deux disciples qui lui vouaient une vénération sans borne, ceux-ci écoutèrent d'ailleurs si attentivement leur maître qu'il fut convaincu qu'on avait ici eu le pressentiment Jovial. Ils furent ainsi fort ravis...
-
Les Amours d'Astrée et du Bituron
Mêmement que la plupart des autres hommes, le Bituron aimait les femmes plus que tout au monde. On ne compte d’ailleurs plus ses multiples conquêtes, ni les innombrables enfants illégitimes qui en découlèrent (sur le sujet, voir : Q. Legornu, Les rejetons...
-
Les Carnets du dictateur, la solitude et sa suite II
23 de décembre Avec Églantine, je me trouvais pour la première fois de ma vie devant un dilemme des plus baroques, une idiosyncrasie onirique et hallucinée, une extravagance obscure entre toute. En effet, lorsque j'enlaçais, à la manière de Célestine...
-
Louis Vidal, nous voilà ! - La Jeunesse
3. En cet inoubliable 14 juillet, la vie de Louis Vidal était aussi bouleversée que la France au lendemain de la Prise de la Bastille ; à sept ans, devant ce magnifique monument aux morts, notre héros comprenait qu’il était le « plus français de tous...
-
De l'Audace d'être digne
L'audace d'être digne. Qu'est-ce qui manque le plus à l'humanité ? L'audace d'être digne ! Quelle audace ? Quelle dignité ? Mais je parle de la dignité de vivre ; de l'ardeur qu'il faut pour vivre dignement. Qui aujourd'hui n'a pas l'audace d'être digne...
-
Fafouette : quarante-septième - Les Mauvais acteurs
Mes ouailles, voici le temps venu de parler d’autre chose que de Sara Bernhardt, de Greta Garbo ou d’Audrey Hepburn. Il nous faut parler, une bonne fois pour toutes, de ces mauvais acteurs qui nous envahissent, et essayer de les comprendre, pour mieux...
-
Sous l'ombre du faux-col effrayant de leur père
J'ai sept filles qui hantent jours et nuits mon pauvre esprit vieillissant obséder par le seul désir de les posséder toutes, et de saisir leur signification. Malgré mon âge avancé et la sagesse que j'ai pu accumuler au cours de mon existence pleine d'affairements,...
-
J'ai raté
PERSONNAGES : Jeune fille, jeune homme. Dans une galerie d'art, une jeune fille devant un Jackson Pollock. Jeune homme, s'approchant. Charmant ce Jackson Pollock ! Jeune fille Détestable. Jeune homme Vous n'aimez pas ? Jeune fille Il y a une tache à un...
-
Un destin : Gilles Artigues - L'amour fou
Et voici comment finit l'affaire « Gilles Artigues », et par occasion toute cette histoire singulière. Après la réception présidentielle, on sut davantage de choses sur l'énigmatique jeune député séduisant, et l'on ne tarda point à comprendre le génie...
-
Journal d'un Fagotin
Moi, je brûle de littérature ; je n’aime que ça, je ne vis que pour ça, ouais, ouais, ouais. Ma bibliothèque, je la chéris comme la prunelle de mes yeux ; faut dire, j’ai besoin des deux – pour lire. Ah !... trop fort ! Non, sérieusement, ma bibliothèque,...
-
Journal d'un grand acteur
« Je ne suis pas Alain Cuny ! » Ô toi l’ennemie !... Toi qui trouble mon cœur ! Toi qui fait bouillir mon sang et altère mes gestes !... Ô froid gluant où j’étouffe et pleurs la chamade !... Angoisse ! Que me veux-tu donc ? Pourquoi me traquer de la sorte...
-
Journal d'un Farinata envers ces dames
Ah ! Ces femmes à la mode, comme elles m'affligent, elles sont sans esprits, sans profondeurs. Toutes, pour la plupart, elles sont d'innommables gâchis, victimes de leur époque sans exigence ; toutes superficielles qu'elles sont, elles sombrent dans la...
-
Après une lecture de Platon
Voyez ce paysage de fin d'après-midi, ce soleil qui descend dans une douceur limpide, pailletant l'air de sa lumière vermeille, et éclairant dans un dernier effort indocile toute la ville plongée dans une immobilité printanière, et les montagnes encore...
-
Journal d'entre-volute
Je m’étais endormi. Et il me semble que j’ai rêvé. Enfin je ne sais plus… et puis ça n’a aucune importance. Sortant de je ne sais plus où, marchant comme on marche quand le sommeil marche à notre place, j’allais dans ma cuisine : il était midi, peut-être...
-
Les Carnets du dictateur, la solitude et sa suite IV
9 de janvier Ce que je vis tantôt comme la conclusion cauchemardesque d'une semaine impossible, n'était en fait qu'un passage bref du côté de la noirceur, de la mélancolie « fin de siècle », du côté de Schtroumpf, en somme, un retour à l'abîme, aux précipices,...
-
Journal d'un hypersensible
Au terme de la journée d'hier, je ressentis tant de perplexité, tant de déchirement en moi, qu'il était clair que je percevais là ma vie dans toute sa vacuité, dans toute sa douleur, son non-sens, aussi, sa profondeur. J'avais été seul la journée durant...
-
Journal du ciel
C’est sans doute une « humeur », comme on dit, une sorte de faiblesse passagère ; mais tout de même, je me fais peur : quelle pâleur !... Mon azur est tout gris ; il ne bleuit plus : je suis blême et sans éclat, un brin blafard et sans profondeur. Livide...
-
Journal d'un envoyé en l'air
Moi, j’ai pris l’avion. Il a décollé, il s’est envolé, il est monté très haut et très vite ; il a traversé une grosse muraille noire et très grise de nuées et de nuages. Puis, d’un coup, d’un seul, comme si un soupir immense soufflait sur l’alentour,...
-
Christophe Point et l'Homme-calembour (Acte II)
ACTE II, Scène 1 CHRISTOPHE POINT La scène se passe au sommet de la montagne, devant la porte d’entrée d’un vaste et beau manoir de style rococo ; très autrichien. La nuit tombe. CHRISTOPHE POINT, seul Eh ! Voici que la nuit recouvre le monde de son maternel...