Louis Vidal, nous voilà ! - De Clovis à Sarkozy (1/10)

Publié le par Jovialovitch


13.

NEKUIA - 1/10

« Souviens-toi du Vase de Soisson ! »

 

      Une pénombre grisâtre chatoyait lugubrement dans la fosse profonde – danse sinistre – et Louis Vidal en était terrifié, bouleversé, fasciné. En d’aériens remous et ressacs, le sombre nuage de fumée s’élevait au ciel, lentement et fermement, tout en prenant puissance, épaisseur et robustesse. C’était un sépulcral monticule de fumée qui se dressait peu à peu devant notre Louis Vidal ; et les fantomatiques exhalaisons, à force de s’enrouler sur elles-mêmes en d’éthérées contorsions, en d’étranges volutes et en de cadavériques arabesques, dessinaient dans l’air comme une forme : dure, sévère, brumeuse ; celle d’un homme !

         « Louis Vidal ! » disait soudain ce revenant ; et le plus français de tous les hommes de s’agenouiller respectueusement. « Enfin je te parle, toi l’Arverne exilé, toi le traître qui ne mérite rien que la honte et l’opprobre !… Maudit sois-tu, l’Averne, toi le fleuron de deux mille ans d’histoire et de combats, toi, le résultat de quinze siècles d’intégrité territoriale !.... dire que c’est toi, le plus français de tous les hommes… le suprême produit de cette illustre nation !... et dire que tu es en l’assassin !... pauvre France !... toi, le plus français de tous les hommes !... Toi, le patriote, celui que la France aimait par-dessus tout !... dire qu’aux larges yeux de l’Histoire, le fossoyeur de la France n’aura pas été roi d’Angleterre, ni chancelier d’Allemagne, ni calife, ni rien d’étranger… mais bien français !... et le plus français de tous les hommes !... dire que c’est toi, Louis Vidal, qui a tué la France, défiant jusqu’à l’éternité !... Elle était ta Cléopâtre, et tu fus son aspic !... Serpent matricide que tu es, Louis Vidal, avec ton venin d’exil !... A travers toi, la France s’est tuée elle-même !... Pourquoi ? Comme je souffre ! Comme mon cœur crie vengeance !... je te tuerai Louis Vidal ! » 

         Et le fantôme informe se mit à geindre, versant pour ainsi dire toutes les larmes de son corps. Et Louis Vidal faisait de même ; une souffrance, immense, totale, absolue, traversait son âme comme la lame froide et terrible d’un couteau aiguisé avec le fusil du malheur : « Ah !... Flétrissure atroce qui endolorie mon âme écrasée sous les misères ! » Et ils n’en pouvaient plus de souffrir !... Mais soudain, la fantôme, immense, sublime, reprit la parole, plus haut, plus fort : « Et dire, Louis Vidal, que cette pauvre France, dont tu es l’enfant et l’assassin, j’en suis le père et fondateur ! » Alors Louis Vidal se redressa subitement : « Clovis ?! » Et le spectre éminent de répondre en bombant le torse : « Oui, je suis !... Clovis !... moi, roi fameux qui est posé naguère la première pierre de cet édifice immense, jadis insécable et inextinguible, aujourd’hui effondré, et qu’on appellera pour l’éternité des temps à venir : la France !... Il y de cela des siècles, une quinzaine, jeune homme : Eglise et moi, par un baptême, donnions naissance à un Etat... un Etat qui allait devoir changer le cours de l’histoire, un Etat qui allait faire des peuplades éparses dispersées sur son vaste territoire, un seul et même peuple !... un Etat qui allait devenir après un millénaire d’existence, la plus brillante et savante nation du monde ! Je suis le père de cet édifice qui, des rives de la Méditerranée jusqu’à la pénombre des digues du Nord, allait tenir bon : rayonnant d’équilibre et de pureté, des nuits du Moyen-Âge jusqu’aux splendeurs des Trente Glorieuses, en une suite palpitante et rocambolesque de succession et de régime !... »

        Et derrière Clovis, voici qu’une autre forme, plus grande encore apparaissait : « Comme tu as raison, Clovis !... toi, père et fondateur de la France, quand je fus son éducateur !  » « Parbleu, Charlemagne ! Serait-ce bien toi ? »  Oui c’était bien lui, qui venait de derrière Clovis… et déjà, c’était toute une foule de spectres qui se pressait dans la nuit… une foule qui comptait tout ce que la France avait connu de grand homme… de Clovis  Sarkozy !

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Publié dans Suite of this

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