Top articles
-
Au bout du couloir, à droite
Christophe Flanelle se sentait « tout bizarre ». Sa capacité à se tenir en équilibre diminuait dangereusement ; sa vision était flouée par des tourbillons noirs et fugaces qui l’éblouissaient ; son cerveau était inondé par un afflux soudain de sang, et...
-
Fafouette : trente-cinquième - De l'orange sociale
Irrespect ! Rossard miteux ! Tu es sans doute l’un des pires venins sournois coulants médisants sur la gandoura blanche immaculée de l’existence humaine. Irrespect !... tu n’es que ciguë, aethuse sordide, qui tâche l’albuginée candeur de la condition...
-
Journal de madame
Monsieur doit venir me rendre visite aujourd'hui. Comme chaque jour d'ailleurs à cette heure-ci. Je le vois déjà arriver, avec son petit air grave, sérieux, pathétique. Aucun rapport avec la situation. Après tout, il ne vient que pour m'aimer. Et après...
-
Louis Vidal, nous voilà ! - Le Plaisir d'être Français
14. Et dans une douce et agonisante mélodie, voici que les âmes de tous ces êtres qui furent français s’évanouirent dans l’effrayant néant de l’oubli. Et Louis Vidal regardait avec la plus intense émotion ces hommes et ces femmes qui disparaissaient silencieusement...
-
Le Bituron, homme du monde (Chant XIV)
4. Aïdigalayou était convaincu que Le Bituron était bien trop heureux pour le demeurer éternellement. Cependant il retrouvait dans ce vaillant personnage les traits d'un ami, ou plutôt d'un complice. Et comme ils marchaient encore dans cette rue singulière...
-
Jovialovitch et Biturowski (Chant IX)
Aïdigalayou, lui qui avait de tout son cœur désiré atteindre la ville avant que la nuit la recouvre de sa carcasse endeuillée et de sang froid, certes avait échoué honteusement – son entrevue avec Le Patriarche s'étant prolongée de façon imprévue -, cependant,...
-
Christophe Point, factotum della città (Chant IV)
2. Aïdigalayou était aux portes de la ville, il avait marché longtemps sur une rue interminable, seul, et il devait maintenant retrouver Christophe Point, mais son guide n'y était pas. Aïdigalayou avait déjà le regard porté par-delà les vallons de la...
-
L'étonnant Christophe Point (Chant II)
Aïdigalayou sentait en son cœur du deuil et comme il s'éloignait inexorablement des glaciers et des neiges de sa montagne, il voyait se détruire tout l'édifice passé de sa joie qui se mourrait dans les brumes et les forêts où il avançait toujours davantage,...
-
Fafouette : quarante-troisième - Le pouvoir
Mes amis, je crois que cela ne fait plus aucun doute : le pouvoir, c’est incommensurablement sexuel. Oui, tout à fait : le pouvoir, c’est du sexe. C’est même plus sexuel que tout : c’est l’apogée, la consécration spéciale et définitive du sexe. Les exemples...
-
Aïdigalayou sous la neige
Il y avait un paysage enneigé, et des flocons étaient venus se poser délicatement, puis encore d'autres, par épisode, avaient recouverts les précédents ; et cela de façon répétitive, recommençait, indéfiniment de manière parfois plus lourde, parfois plus...
-
Les Carnets du dictateur, Célestine III
29 de septembre Loin de moi à cette époque l'idée de devenir un jour dictateur ; maman avait d'ailleurs tout fait pour me détourner de cette voie le plus tôt possible, elle me lisait je me souviens le Journal d'Anne Frank, et j'aimais beaucoup ; aujourd'hui...
-
Les Carnets du dictateur, la sonate de Karl Schtroumpf
3 de septembre Je n'ai jamais refait un troisième infarctus. Pourtant je ne peux pas dire que les deux précédents avaient été de vaines fatalités. Au premier, je me rendis en effet compte comme le hasard est délicieux. A cette époque, je vous l'avais...
-
Journal de Guy l'éclair
Corne Mahon ! Me voilà dans une situation ma foi fort périlleuse ! Les chances de m’en sortir indemne doivent être bien minces ! Dans ces conditions, il ne me reste plus qu’à tenter le tout pour le tout ! Un peu d’audace, que diantre ! Ne suis-je pas...
-
La double vie de Lucien Trompette
Trente ans de carrière ! Trente ans de carrière et aucun doute, pas le moindre, aucune incertitude, une pleine et totale considération de ma noble tâche, une dévotion entière à ce métier qui occupe en vérité ma vie, certes dans le silence et l'effacement,...
-
Conversation entre gens médiocres
Personnages : SACHA, FLORIAN, dans un bar, au bord de la piscine SACHA, assis à une table Vous voilà ! FLORIAN, en s’asseyant à côté de Sacha Excuse-moi, j’étais avec ma femme… Elle est enceinte, alors tu comprends…. SACHA, vaguement surpris Alors comme...
-
Symphonie « Sympathique » de Karl Schtroumpf
Hector Aimez-vous Karl Schtroumpf ? Victor Oui je l’aime, je l’aime plus que tout... J’aime son style à la fois lugubre et chantant, j’aime cette force mélodique qui se déploie comme un oiseau avec les ailes de l’harmonie ! Je vois dans toutes les notes...
-
Journal d'un irrespirant
Arrêter ma respiration, je n’y arrive pas trop mal. Des fois, comme ça, de temps en temps, je rempli ma baignoire avec de l’eau bien tiède. Puis, j’aspire un grand coup, je sens dans mon corps affluer l’air en gros morceaux qui fait gonfler mes poumons...
-
Rester immobile, seule façon de se mouvoir
Enténébré, Aïdigalayou se leva ce matin, oscillant, tantôt insurgé, tantôt affligé, il se croyait au bout du rouleau, rouillé, fichu. Au cours de cette journée fort maussade, il s'était laissé tombé dans une passion prononcée et au demeurant étrange,...
-
L'inventeur avait du flair
La salle est pleine à craquer. Il y a un monde fou. C’est du délire. Tous les inventeurs de France et de Navarre sont là. Il y a même des belges, des allemands, des polonais, des russes, des américains, des togolais. Du beau monde, tout bien habillé....
-
La dialectique du maître et de l'esclave (d'après Hegel)
PERSONNAGES : Le maître et l'esclave. L’esclave Monsieur, vous êtes intolérant, eh bien moi, je vous tolère quand même ! Le maître C’est intolérable ! Vous, vous êtes tolérant, et bien je ne vous tolère pas ! L’esclave C’est profondément injuste. Le maître...
-
Journal d'un flan maniaco-dépressif (et sans pâte)
Moi, Flan fardé sous les becs de la nuit : je clame mon ignorance sombre et bruitée. Oui, ignorant je suis, et je resterai ! Je vis dans la souffrance, comme un triste baldaquin dans la jarre de diogène. Je meurs dans l’azur, comme un rauque et pompeux...
-
Les Carnets du dictateur, la Bataille de La Rochelle
12 de mai Les Américains ont débarqué comme nous l'avions envisagé, sur les côtes de La Rochelle. En vérité, une victoire se profilait pour nous car leur infériorité était évidente, et qu'en sus nos hommes, sur leur lancée, étaient remplis de cette ivresse...
-
Fafouette : trente-neuvième – Le fils du charpentier
Bonjour à tous, mes chers et beaux élèves, mes mignonnes ouilles chéries, vous qui me lisez, vous pour qui je suis un « éducateur ». Nous allons aujourd’hui parler de l’homme le plus important de l’histoire de l’humanité : Jésus de Nazareth. Complexe,...
-
Le Veule, canonisé III
PERSONNAGES : Le Veule, Robert. Le Veule, dans la rue, ému. Ce n'est pas dieu possible ! J'ai été entendu ! Robert, à sa fenêtre. Dites-moi, créature chimérique, pourquoi suis-je le seul à vous entendre ? et à vous voir aussi ? Le Veule, épris. Comment...
-
Erotisme Torride, premier coup
Lucien et Maryse sont mari et femme. Leur vie est toute flapie, une vasouille pavillonnaire sans feu ni flambe, une chose amorphe bien lente, flagada le soir et le matin. Lucien et Maryse, ce n’est pas qu’ils s’aiment, c’est plutôt qu’ils se sont habitués....