L'inventeur avait du flair

Publié le par Jovialovitch

    La salle est pleine à craquer. Il y a un monde fou. C’est du délire. Tous les inventeurs de France et de Navarre sont là. Il y a même des belges, des allemands, des polonais, des russes, des américains, des togolais. Du beau monde, tout bien habillé. Ils discutent tous, champagne en main. L’air de rien. Ça parlote. Ça complote. Ça s’échange des cartes, des adresses, des numéros de téléphone, des emails et tout le tsoin-tsoin. Ils en profitent : c’est pas souvent que tous les grands inventeurs du monde sont réunis ! Là, chacun explique sa spécialité à l’autre. « Moi, j’invente des objets pour faire la ménage, et vous ? », « Moi, c’est dans la torréfaction que j’invente ! » Plus loin ce sont les inventeurs de gadgets pour automobiles, ici ce sont les ingénieux du podomètres, les connaisseurs de boîte aux lettres automatique, et les géniteurs de la table basse en mousse là, les créateurs de souris d’ordinateur volantes ou invisibles (au choix), plus loin, les innovants dans le domaine de la cuiller à pot, à droite, les spécialistes de la chaise à réaction hydraulique, à gauche, les passionnés de télévision  numériques avant-gardistes, plus bas, les fous de placards électrisés et de chemises en cartons, en haut, les amoureux de la gondole à moteur et de la cravate aromatisée, à côté, les pères de la valise parlante et du disc qui ne se raye pas, et enfin juste ici les plus insolites, ceux qui inventent des choses « mystérieuses »…

        Parmi l’un de ceux-là, il y a Théodore. Un grand, épais, large d’épaule et d’esprit, barbu. On sentait sur son visage masculin la fierté sereine d’un inventeur reconnu, la force tranquille d’un homme qui va. Pépère, respecté, souriant toujours de lèvres pincées, il avait un visage blanc, à la fois de fatigue et de quiétude, doté de yeux qui semblaient narquois, plissés, comme conçus pour le rire, ou plutôt pour les vivats d’une foule mis en délire par son génie inventif tout à fait inhabituel. Théodore, ne parle pas avec les autres. Il marche tout seul, magistral, en se marrant presque, tournant lentement autour de ses collègues. Une sorte de promenade de forêt, en plein congrès des inventeurs. Certains disent qu’il doit avoir une invention du tonnerre pour ainsi baguenauder, sans parler à personne, en assumer pleinement sa supériorité sur les autres. Cela ne faisait qu’augmenter un peu plus l’impatience générale, qui était déjà à des niveaux rarement atteints.

         Quelques minutes plus tard, Théodore avait disparu. Sans doute était-il déjà en coulisse, se préparant à monter sur scène pour présenter, le premier, son invention de l’année. Les rumeurs couraient sur sa nouvelle création, les plus folles inepties étaient lancées à ce sujet. Tous trépignaient d’impatience, les inventeurs, les organisateurs, les journalistes… Et puis, un animateur est rentré sur scène, avec un micro et un beau costume. Il souhaitait la bienvenue à tout le monde, et présenta, sous les applaudissements, le premier inventeur. C’était Théodore, naturellement. Celui-ci, fit un discours, expliquant selon lui le métier d’inventeur, ses objectifs, sa raison d’être. Les autres, ses collègues qu’il vaudrait peut-être mieux appeler ses disciples, l’écoutaient avec une vive attention et pour ainsi dire, un dévouement presque hypnotique. Théodore chauffa la salle avec une certaine verve lorsqu’il affirma qu’il venait d’inventer son chef-d’œuvre ! Les inventeurs suaient d’impatience et d’admiration lorsque Théodore dit : « Ce jour, je le crois modestement, est historique pour tous les inventeurs ». Là, un stagiaire amenait l’invention de Théodore, recouverte d’un drap blanc. C’était la stupeur. Théodore s’approche, sans changer d’expression ; et, en tirant majestueusement le rideau d’un geste sublime, il prononce cette phrase : « Mes amis, je viens d’inventer l’espoir ! » Tous les inventeurs se mettent à hurler ! Ils découvrent, sous les flashes des photographes, l’espoir ! Enfin, quelqu’un l’a inventé ! Le rêve fou de tout homme : l’espoir ! Théodore est un génie, il a réussi à inventer la plus formidable création humaine de tous les temps… Désormais, plus rien ne sera jamais comme avant !...

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Publié dans Nouvelles enivrées

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H
d'un telephone, du bout du mondain. Jovi, merci. Tu as repousser lenvie dhurler dans mon choeur. Des que je peux je reinflige mes tribulations a la toile. Bs baisers de sibérie
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d'un telephone, du bout du mondain. Jovi, merci. Tu as repousser lenvie dhurler dans mon choeur. Des que je peux je reinflige mes tribulations a la toile. Bs baisers de sibérie
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