Elégie à Karl Schtroumpf (1803-1847)

La pâleur tourmentée, étouffée, essoufflée dans le souffre
Rampante dans les légers soubresauts
Dans les brouillards fuyants, elle se mêlait
Et dans les vents acides et âpres, se mouvait
Sous une terre que l'aridité érodait
Sous les méandres fracassés des sols rocailleux, torturés, négligés
Bouillait un étrange liquide magmatique
Une tension lointaine, d'abord faible, qui tambourinait dans un arpège saccadé
Des battements sourds retentissaient de plus en plus
La pierre vacillait alors dans des palpitations effrénées
Comme le vent déchirant la terre
Les rumeurs souterraines provoquaient des rafales de bruit et fureur
Et semblaient remonter dans un crescendo dramatique au rythme endiablé
Les soupirs haletants cessaient d'ailleurs à l'approche du cortège tumultueux et effroyable
La puissance, la colère et le drame
Fusionnaient avant l'éruption imminente
La terre tremblait diaboliquement et se fendait dans des craquèlements et des fissures
Et soudain retentit une explosion monumentale
Un geyser de violence et de terreur
Un cri d'effroi sur un monde meurtri
Une objection qui propulsa dans le ciel terne le désespoir, la douleur et le cataclysme
Affranchi de l'ordre maussade et lugubre
Éclatant dans l'apocalypse des siècles harassants
L'angoisse mortelle se vit auréolée
Par le contrecoup spectral de toute la perdition humaine
Pourtant le calme régnait, serein
Par-delà les tourments et la damnation
Qui lentement comme l'acide rongeaient l'âme engagée dans la soif, l'avidité et l'instinct
L'âme et le cœur d'où émanait la paix, la compassion, l'idéal et la mélancolie
Mais vite la clameur revint avec plus grande vigueur
Les vociférations ensorcelées s'associaient dans un éraillement de nervosité extrême
Et annonçait prodigieusement, l'éclat, le rayonnement, l'incandescence
Le feu, la glace et l'air
La lumière, l'ombre et l'amour
L'extase, la passion et le sang
Nommé Karl Schtroumpf !
Dieu devant Dieu