Mes filles, Clélia

Publié le par Jovialovitch



 

 

C'est un visage long, long comme une longue bottine

montant haut, haut, resplendissant de dédain ;

chatoyant aux hélianthes, aux haleines alpines,

un teint mat et de clair châtain


Comme des vagues, les rayons, aux vents vifs

chevauchent et se fracassent sur ce teint

imprégné de son terne abrasif

et de son vaillant et noir dédain


De la voûte de son œil, s'éconduit

son nez long et longiligne, et loin

se parachève et se repli

ce nez en de petits cintres, petits et indistincts


Ses paupières alanguies par l'érosion bleue,

acide de ses yeux opalins

semblent de vastes rochers écumeux

muets, sourds et adamantins


Son cou sculptural, sculpté comme une colonne de granit

et ses joues creusées le long de son nez souverain

s'effacent sur une bouche éthérée et lignite

timide, cinglant de froids parfums


Petite latine fouettée par les vents

des sommets glaciaux ; petite dionysienne ;

tour solitaire au visage Alezan,

je t'aime, toi, ma petite gallo-romaine

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