Jean-Pierre Matthieu de l'aube

Un soleil clair dans un ciel froid retentissait
Au-delà des ballons montagneux
Dont la simple vision provoquait
L’émoi profond de Jean-Pierre Matthieu
Cet individu à la démarche peu académique
Avait comme farfelue et singulier attribut
Sur le haut de sa tête ingénue
Un couvre-chef apoplectique
Sa pointe d’ironie sarcastique
N’était pas sans déplaire à ses compagnes
Qui voyaient en lui, ressuscité, un Christ,
La beauté et la grandeur de l’âme
Cette pure merveille de la nature
Eclairée et sainte créature
Eblouissait par sa vaste érudition
L’ensemble des femmes et leurs compagnons
Un jour l’une d’elle demanda :
« Pourquoi, Jean-Pierre, es-tu toujours si triste et désespéré,
Derrière ta suprême beauté, ton teint clair et enjoué ? »
« Dis Jean-Pierre, dis-nous ton secret, dévoile-nous ton panorama »
A cette question, un léger sourire plein d’amertume
S’esquissa sur sa figure pâle :
Il dit « Vous êtes une femme pleine de brume
Avec des lèvres fiévreuses et un air musical
Vos cheveux sombres renforcent une légendaire élégance
Votre charmeuse faiblesse est languissante
Vous pleurez d’étranges larmes
De nostalgie et de vacarme
D’intenses rayons lumineux vous éblouissent à l’aube
Viennent sécher ces larmes acides
Quant à votre garde-robe
Sans doute est-elle fleurée et torride »
A ces mots, la femme ne puit guère s’émouvoir
Ria de bon cœur mais affirma
Qu’elle avait entendu cette histoire
Deux cent cinquante mille fois !