Les rouflaquettes de Dionysos
Sous un linceul amphigourique
S’avance une jambe nue, un pied léger
Serait-ce Dionysos le patenté ?!
Dieu des vignes, l’errant mystique
« Où sont passés vos pampres, vos lierres, vos lions
Où est donc ton spectre vermillon ?
Où sont vos satyres, vos Ménades, votre armée de soldats
Votre cortège, enfin, dites-le moi !
Ô mais que vois-je là sous votre voile
De ces extravagances marginales !
Ma parole divine, vous êtes gris !
Que signifient ces viles grivoiseries ?
Se sont-là vos rouflaquettes dites-vous !
Qui sur vos pales joues dépassent
Ma foi, vous ne manquez point d’audace !
Renégat d’esbroufe, fanfaron fou
Aller, fuyez-moi je vous abhorre
Ecoutez la plainte d’accroche-coeur :
Rasez-vous cela m’écœure
Arrachez-moi ces accroche-coeurs
Enfouissez cette vulgaire touffe
Et dans l’air jetez ce voile qui l’emmitoufle
Si vous ne m’entendez
Perdus seront vos rouflaquettes
Si vous ne m’écoutez
Oubliés seront vous et votre bistouquette »
Zeus.
Olympe, 2008