Le Monologue du Veule II

Publié le par Jovialovitch


 

PERSONNAGES : Robert, le Veule.



Robert, mystérieux, chez lui, la nuit est alors avancée

Que signifie ces visions soubiriennes ?

Je ne suis pourtant pas homme spirituel, homme pénétré par les discours sacerdotaux des hommes d'églises ; la foi ne n'habite nullement, diable !

Je suis artiste ! Mon paradis est mon art et l'amour est mon dieu. Dans le premier, je suis même un insolent ! Insensible, dur, que diantre ! Je suis détestable, égoïste ; je hurle les plus criantes vérités à travers lui ! Personne ne me convient mieux que moi-même et je me refuse à voir des veules de quelques sortes que se soit sur mon chemin !

Dans ma vie intime, auprès de mon dieu, je suis tendre et cela ne regarde personne et surtout pas la veulerie de l'autre monde qui ose s'abattre sur moi par je ne sais quelle décision du grand barbu dont je refuse l'existence.

Quant à ce Veule suprême, il est aussi détestable que tous ceux de son espèce dégénérante; il ne mérite pas même d'être né car mon paradis n'est pas fait pour ce genre de faible mollasson incapable de trainer leur gras sur plus de trois mètres sans suer de toutes parts comme un phoque servile et mou. Cette apparition est aussi fausse que Dieu existe !

Seulement dès lors, serais-je victime d'hallucinations ? Cela je le refuse aussi !


Le Veule, dans la rue.

Je suis le Veule, le Veule qui voit les dorures d'or des fenêtres barricadées par les volets striant la lumière des chambres qui s'endorment. Je broie du noir et me méfie car je suis malchanceux et immensément naïf.

Aujourd'hui, un homme a cru me voir, un homme au cœur pur sans doute comme cette montagne blanche qui nous dominent, nous qui sommes engouffrés dans la noirceur de cette ville où je survis misérablement dans la douleur de ma veulerie et le refus de m'affirmer. La honte est mon Seigneur tout puissant, sous laquelle je ne peux qu'aplatir bien qu'avec difficultés mon ventre massif et garni de toutes les immondices dont je me goinfre par tout temps et par toutes heures, et ce en vertu de ma première douleur, de ma première malchance, celle d'être né ; d'être né, veule ! Moi chantre élu de la caducité, moi être non-avenu, moi porte-parole des muets et des insignifiants du monde entier, moi qui au nom de ces attributions vides et répugnantes appelle aux veules de cette terre à l'anéantissement total, laissez-vous mourir, ô geste salutaire, laissez-vous mourir tels des Saints illustres qui ont préférés l'ascétisme à la folie dans laquel les hommes se fourvoient fièrement, avec un honneur inexplicable et une joie par tois fois absurde.

Et si nous, veules, à présent, n'avons plus de dieux, et que nous ne pouvons envisager la pauvreté volontaire, par le fait même que nous sommes pauvres involontairement, il n'y a plus d'alternatives ; plongeons, décidés et corrompus, nous laver dans le vaste néant !

Tous comme nous, l'essence des Saints a été la malchance ! eux avaient la lucidité, vous, n'avez que la mienne !Eux étaient des ratés et s'en sont rendus compte à temps, nous, nous sommes des ratés et il n'y a que moi qui m'en rend compte ! Ô misère de misère ! Abjecte soli...


Robert, à sa fenêtre.

C'est pas bientôt fini tout ce vacarme, en bas !


Le Veule

Comment ? Serait-ce possible ? Ai-je été entendu ?


Robert, à part.

Damnation ! Le Veule !
Me suis donc-il partout ?

Que me veux-t-il ? Qui est-il ?

Et pourquoi moi seul le vois ? Et l'entend ?

Voilà combien d'années que je le croise dans cette rue sans jamais m'être douté une seule seconde que j'étais le seul à le voir ? Et jamais un signe de sa part, jamais un clin d'œil !

Ne veux-t-il pas me convertir ? ce mystique fou qui hurle dans la nuit, transgressant les lois les plus légitimes de notre législation, celle du tapage nocturne ; législation acquis au prix de sanglants meurtres et de combats assassins, légilsation qu'il enraye de sa difformité ignorante et vile par je ne sais quelle fougue vulgaire et crasseuse qui reluit sur sa propre figure indigne d'une once de respect !

Oui en vérité je vois qui il est ! Je vois qui est ce fourbe malsaint et dégénérescent ! Jamais aucune parole, jamais aucun clin d'œil, jamais un signe de la main ou de la tête, oui en vérité ce Veule,

c'est un cynique !


RIDEAU.

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E
Peut-être suis-je un peu obsolète, mais as-tu déjà pensé à écrire d'une autre manière que sur un blog ?<br /> Je viens souvent sur ce site et j'apprécie grandement cette qualité d'expression qui je dois l'avouer est bien particulière. Cet humour cinglant et cette perpétuelle ironie que tu utilises me fascinent. Je suis peut-être une fan ^^<br /> Peut-être que si tu publiais tes écrits tu atteindrais alors un succès.<br /> <br /> Cordialement.
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