Il ne pleut pas ce soir (chant de l'homme affranchi de ses plus naturelles nécessités instinctives)
A mes chères et pauvres latrines.
Je sais les tumultes et les vacarmes nuageux
Je sais les ombres gorgées de calmes coléreux
Je sais les ténèbres menaçantes
Je sais les courroux divinisés et les visions itinérantes
Je sais les instants d’éternité
Je sais les angoisses de noir diaprées
Je sais les heures de désespoir
Pourtant il ne pleut pas ce soir
Je sais les soleils congédiés
Je sais les âmes révulsées
Je sais les ciels de sentences
Je sais les spectres et les vengeances
Je sais les fièvres d’éclipses
Je sais les chaos et les apocalypses
Je sais les cœurs étouffés et les étouffoirs
Pourtant il ne pleut pas ce soir
Je sais les voûtes grises
Je sais les soirs sans brise
Je sais les chaleurs des nuits
Je sais les silences et les courts-circuits
Je sais les indicibles, patentés et non moins séculaires pour ne pas dire fatals tourments
Je sais les hommes expirants
Je sais les millions d’urinoirs
Pourtant il ne pleut pas ce soir