La crise de la quarantaine II
(PERSONAGES : MAI 68 et MAI 2008)
ACTE II
MAI 2008, seul
Bonté divine ! Il faudrait que définitivement je me débarrasse
De ce sournois Mai 68 et des vicieux de sa race.
Enfin ma vie dès lors commencera, quoique l’espoir soit infime
Peut-être pourrais-je par héroïsme le combattre jusqu’à ce que je l’élimine.
Mais pour sur le mieux serait déjà
De liquider l’héritage de ce maudit mois !
MAI 68, entrant
Alors Ô Mai 2008, mon chou
Encore à vos noirs tourments, vos projets fous ?
Décidément vous m’en voulez n’est-il pas ?
Je suis, croyez le bien, confus de cela
Mais à la différence de vous, j’ai toute ma dignité !
MAI 2008
Cessez donc de me charger à l’opprobre ! Mai 68, vous m’emmerdez !
Vous ne valez rien ! Vous êtes du vent ! De la couille !
Vous n’auriez pas dû avoir lieu ! Vous êtes une erreur ! Une dépouille !
Toute révolution n’est d’ailleurs que fureur et subterfuge !
Je dois vous le dire, vous êtes responsables de tout ! De tous les déluges.
Du définitif déclin de notre pauvre France piétinée jusqu’à la moelle !
MAI 68
Comment osez-vous en toute impunité ainsi me foutre à poil ?
MAI 2008
Vous voulez que je vous dise, je vais vous liquider !
Et votre minable héritage en premier !
MAI 68
Ô funeste aveux ! Ô funeste sort qui est le mien !
On s’acharne sur moi pour de rien !
MAI 2008
Entendez-vous ; à votre mort le ciel sera bleu
Tous nous nous réjouirons et je serais heureux !
Nous oublierons votre spectre malappris
Et votre détestable liberté qui nous a endormi.
MAI 68
Eh bien, allez-y ! Liquidez mon héritage si le cœur vous en dit.
Mais si vous le souhaitez et s’il en est ainsi
Pour vous sera alors mort et sacrifice
Car dans mon héritage vous êtes mon petit-fils.
MAI 2008
Cela hélas je le sais trop
Mais je préfère périr avec votre fardeau
MAI 68
Laissez-moi vous dire espèce de salopard
Que vous périrez bien tôt ou tard
Dans quelques semaines vous ne serez plus
Et je demeurerais seul au-dessus !
MAI 2008, à part
Fait chier, tiens ! Si je le liquide
On va hurler au parricide !
Mais que faire, où aller et pourquoi ?
Ô malheur à moi, jamais on ne me souviendra
Que donc faire pour entrer dans l’Histoire ?!
La tête m’en tourne, la migraine me couche de ces histoires
Il va s’étendre sur un lit chancelant, dans une souffrance absolue.
Je sens que je vais pas passer l’année, moi….
RIDEAU.