Bonheur terrestre
Dans la lente nuit chaude et vile
De fin d’été et de retour sur soi
Dans cette nuit, enfermé dans la ville
Pèse sur moi un trop lourds poids
Le front expurgeant et ensué
D’où coulait angoisses livides
D’où sortait souffrances acides
Vous crûtes mon âme, agoniser
Ô douleur impitoyable
Ô j’étouffe ceint en cette république
Laissez, je vous implore, le neurasthénique
Fuir les châtiments indomptables !
Disgrâce et infortune
Se délecte de moi
Cessez de pouffer inopportunes !
Ayez pitié de moi
Ô fatalité
Ô indignité
Ô asphyxie
Ô vessie ennemie
Au secours cruel destin !
Farouche souffrerie !
Donnez moi dont un petit coin
Et laissez moi faire pipi !
Ô Miracle !
Providence chérie
Vous me donnez fière soulagerie
Là-bas en ce propice réceptacle
Mon corps frissonne
De longs râles dissonent
Mes yeux retombent
Et suis haut parmi les colombes
Enfin puis-je soulager le mal enduré
Tous les pêchés de l’humanité
Ô vas-y sainte vessie
Libère tes flots et jaillie !
Fait sourdre ton or
Ô suprême délivrance
Ma sidérale jouissance
Voici le bonheur...