Jovial-express
MARCEL, sombre
Me voilà à nouveau rongé par les artifices infernaux de la nostalgie
La souffrance m’éblouie et rien ne m’aveugle davantage que l’ennui
Je suis là, planté, las, quelque que part au centre d’un monde, tout s’éteint partout autour de moi
Tout se meurt, Ô ma tête, ma pauvre tête, affalée sur ce bureau en bois
C’est la nausée ! Encerclé par les ténèbres, seuls mes doigts effleurent les bas-fonds du dégoût
Je voudrais que tout s’arrête, que tout finisse, je veux du repos, un point c’est tout
Faites-moi dont quérir une épée !
Que je tranche dans mon fragment de fatalité
Plus question de vie ou de mort ! Je veux seulement me venger
De cette existence cul-de-sac qui m’a donné le sentiment d’éternité
Illusion ! Ahaha ! Je me rie de vous à présent ! Allons ne me faites point pitié
Ou avez-vous foutu mon bonheur ? Pourquoi le cachez-vous ? Qu’avez-vous fait de ma félicité ?
Vous ne m’avez rien n’apporter ! Vous m’avez humilié ! Je vous renie !
Il sort un couteau de sa poche et se le plante dans la main.
Le sang coule.
Oh ! Regardez-vous ! Voyez ce que vous faites ! Etes-vous définitivement sans pitié ?
Otez-moi de cette terre….
Il sanglote.
Bon dieu ! Maman, ou es-tu maman ? Vois ton fils qui t’abandonne !
Il bave d’une gluante écume monotone
Il en finit ! Il en finit pour ne jamais…..
Une lumière s’allume.
Mais…..Quelle est donc cette lueur
Qui étreint mon cœur ?
Mes mains glacées reprennent-elles de leur vivacité ?
De quels sortilèges s’agit-il ? maléfices, suis-je affublé ?
Je m’éprends, la nervosité me pénètre
A présent mes bras s’agitent, quel pantin vais-je être
Rien ne me contrôle que ce curieux envoûtement
Mon dieu je grandis, je me délivre, moi le décadent
Il ri puis commence à se déplacer un peu partout effectuant des mimiques absurdes.
Suis-je responsable ? Je ne comprends point
Pour endiguer cela, y a-t-il un moyen ?
Mais pourquoi contenir cette expression de jovialité
Mon visage se sèche mes larmes, mon pauvre sang sont coagulés
Il court, s’agite de plus en plus, pousse des hurlements.
Jovial ! Jovial ! Je suis jovial ! C’est cela !
Point de doute mes joues sont chaudes, mon cœur s’ébat
Ahah ! La jouissance me transcende et ma bouche déverse
Flots de paroles interminables, voilà l’ivresse !
Il s’arrête brusquement, regarde en l’air.
Seigneur, m’entendez-vous ? Oubliez tout !
Oubliez tout ce que jadis ai-je dit de vous
Sans doute étais-je enivré, enivré par la médiocrité
C’était une blague de mauvais goût, mais où était passé ma lucidité ?
Vous le voyez je ne suis pas responsable, excusez-moi, mon dieu
Le tonnerre gronde.
Pardonnez-moi cela, je n’ai rien dit en vérité, vous avez sûrement mal entendu
C’est un malentendu !
Faites-moi confiance ! Je ne suis point de ces mécréants
Ô vie magnifique, vous me l’avez donné, jamais voudrai-je être vengeant
Seigneur, dépouillez-moi si vous…..
Il s’arrête brusquement, regarde autour de lui, analysent ses mains, ses pieds.
Son visage tendu est marqué et triste.
Sombre.
Me voilà à nouveau rongé par les artifices infernaux de la nostalgie.