Christophe Point, factotum della città (Chant IV)

Publié le par Jovialovitch


 

1.


    Aïdigalayou avait demeuré quelques jours dans la ville, mais il s'en trouvât las. Il fit appeler Christophe Point qui était aimé du peuple car il le soutenait et l'aidait à porter son fardeau quotidien. « Vous qui fûtes mon guide et devîntes mon prophète, vous qui fûtes ma chance et mon destin, vous qui fûtes le premier homme que je rencontrais ici-bas, vous, Christophe Point qui m'avez mis à l'épreuve et avez constaté mon échec, vous Christophe Point dont la simple vue me procure de la joie et de l'exaltation, vous Christophe Point, qui me donnez envi de danser la polka, oui, vous qui êtes là, tout honteux devant moi, attendant qu'enfin j'en ai terminé de ma tirade qui se perd, vous, je vous le dis en vérité, je dois maintenant devenir votre guide et vous devez me suivre en dehors, loin de cette ville car il me faut encore réfléchir, il me faut quitter cette ville car j'en suis las. » Christophe Point sonda son cœur et parut attristé par les mots d'Aïdigalayou car il ne voulait pas quitter sa ville natale et ses amis d'enfance devant lesquels il croyait détenir une responsabilité. Il dit alors : « Vois-tu Aïdigalayou, ton destin est à présent d'aller seul et de me laisser en cette ville qui est la mienne, car j'aime à être en mes racines, ô Aïdigalayou, éternel déraciné. Aussi vois-tu, avant que tu t'en ailles, j'ai trois énigmes à te dire. » Aïdigalayou fut satisfait de la réponse de Christophe Point, car il aspirait à la solitude. Il répondit en ces termes : « Oui Christophe point, ici est notre séparation ; mais si nous nous séparons, c'est que nous devons nous retrouver un jour ; oui Christophe Point, je reviendrai et nous nous retrouverons. Peut-être ne me reconnaîtras-tu pas car tel que tu me verras ce jour-là, tu ne verras plus devant toi Aïdigalayou, celui qui te cause maintenant et que tu écoutes comme un prophète, tu ne verras pas cette personne qu'il te semble connaître car, vois-tu, j'aurai beaucoup changé, et déjà, je sens que mon cœur n'est plus le même, alors oui, Christophe Point, séparons-nous et je reviendrais, et nous nous retrouverons. Voilà notre destin. »

      A ces mots, Christophe Point sanglota car il était ému par la fatalité et l'infortune qui le touchait et qui allait toucher bientôt son ami ; aussi songeai-t-il déjà à la solitude immense que connaîtrait celui qui l'avait suivit si longtemps et qu'il avait fini par aimer d'un amour total. Pourtant, Christophe Point resta digne et avec beaucoup d'audace enseigna à Aïdigalayou trois énigmes : « Ma première énigme est la suivante, dit-il : A quoi vous sert votre solitude Aïdigalayou, homme des montagnes et des vents froids ? pourquoi ne pas se placer parmi les dominés, ceux que vous nommez la foule, ceux que vous appelez le troupeau, et lutter avec eux contre ceux qui nous oppriment ? Pour qui faut-il nous battre ? demanda enfin Christophe Point. » Comme Aïdigalayou maintint le silence, Christophe Point dit : « Voici ma seconde énigme : Que cherches-tu Aïdigalayou ? Es-tu à la poursuite de ta vertu ? Veux-tu découvrir la vérité ? ou cherche-tu seulement le bonheur ? Es-tu heureux, Aïdigalayou ? demanda enfin Christophe Point. » Aïdigalayou regardait son camarade d'un œil que remplissait la perplexité et la détresse. Et Christophe Point, insensible, prit une dernière fois la parole : « Maintenant, je vous livre ma troisième énigme : Si je te donne un pistolet et que je te dis « tue-moi » qu'est-ce que tu fais, Aïdigalayou, ô prince érudit des hauteurs ? » Aïdigalayou paraissait englouti par ce flot de questions qu'il ruminait avec difficulté ; son visage était celui d'un homme malade. Christophe Point se retenait de rire mais il éclata finalement et assura que sa dernière énigme était une blague. Pourtant Aïdigalayou dit à son guide : « En vérité, Christophe Point, je ne répondrai qu'à ta dernière question. Donne-moi dont un pistolet et demande-moi que je te tue. Que ferais-je, les mains tremblantes de panique et le regard rempli d'effroi ? Ne tirerais-je pas conformément à ton désir ? Non cher ami, certes je tirerais, mais je tirerais car je dois maintenant te faire taire ! te tuer et m'en aller loin de toi, sans culpabilité ni regrets, je dois t'oublier car je dois bientôt me métamorphoser, je dois sortir du cocon, Christophe Point, moi qui n'était que chenille lorsque tu m'as rencontré, et devenir papillon. Quand nous nous reverrons, je ne serais plus que papillon et tu m'attraperas avec ton filet et nous nous serons retrouvé. Je te demanderai si tu te souviens de la chenille, et tu me répondras que la chenille ne t'intéresse plus et que c'est la papillon que tu veux voir voler, alors tu me relâcheras et je repartirai sur mes montagnes, et nous nous séparerons une fois de plus ; voilà notre destin.» Christophe point pleura à nouveau car l'émotion était décidément trop grande, mais Aïdigalayou pleura aussi car il avait toujours été ému par les gens qui pleurent.

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Publié dans Carpatisme(s)

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P
«hardi! quelle gouaille!»<br /> <br /> et le commentaire étant lancé, son exécutant affala de tout leur poids ses deux mains sur un clavier cradique, mais néanmoins utile dans le cadre d'une expression internautique.<br /> <br /> deux, trois éclairs:<br /> <br /> «est-ce-t-y pas beau mon brave, qu'une bavasserie pareille? truculence en est le maître mot! de la musique, de la musique, de la musique!»<br /> <br /> mais comme rien ne se passait d'autre, le préhistorique commentateur, qui rappelons-le, savait, entre autres, ronfler, détourna son intempestif (et un temps pas, mais c'est une autre histoire) questionnement sur le rapport au monde, à la chose, à l'essence même de l'identité et de l'être (il en était réduit, je le signale, à être obligé d'expliquer le simple concept de "spontanéité mûrie" à ses congénères pour avancer dans son travail...) pour l'appliquer à ce qu'il était en train d'écrire et voir que la confusion du style (toute brillante, soit dit en passant) agaçait un peu le fond de son propos: il se tint à peu près ce langage:<br /> <br /> «fichtre, j'va y'aller mollo maintenant, s'y pigent que d'ale ch'uis marron moi! ouais, tout pour la pomme de bibi de se retaper les explicatures, donc faudrait gérer un peu d'la jactance au lieu d'babiller des babines comme j'a l'habitude de faire...»<br /> <br /> ceci étant dit, il en oublia son propos en se disant qu'il aurait été fort utile d'accorder un peu de temps à une recherche mélodique sur le point suivant: comment faire entendre un duo mélodique de flûte avec une rythmique jouée par un ensemble de cuivre? le tout sans sonorisation pour faire simple... diantre il suffit d'éloigner les cuivres de 1,618 kilomètre! <br /> <br /> «je fuif génial! j'ai réinventé l'acouftique!»<br /> <br /> maintenant je va m'occuper de chercher à réparer ce bouton "va!" qui ne mène nulle part et que trop peu à cristophe point!<br /> → (c'est fait, l'intégralité de jovialovitch m'a frappé!)<br /> <br /> bande de canaillous!
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C
j'en pleure moi aussi...<br /> en réfléchissant à ce nouveau défi...
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