Christophe Point, Malin génie (Chant I)

Publié le par Jovialovitch


 

     Aïdigalayou était porté par la tristesse. Peut-être qu'il s'était accommoder de sa solitude, cependant l'absence de tension propre à sa lointaine retraite constituait un manque que nulle réjouissance intellectuelle ne pouvait combler. Mais tantôt Aïdigalayou était habité du désir de savoir, tantôt, de la peur de souffrir. Pourtant, il se secoua, se cabra et se déversa sur le monde avec grâce et tout son espoir, ayant pour seul dessein, une vie semblable à de la musique ; seulement, alors qu'il s'apprêtait à toucher du doigt le sol enfiévré des hommes, il demeura suspendu aux derniers liens qui le retenaient au-dessus de notre monde, car un étrange individu au physique goguenard et plaisantin, fit rire Aïdigalayou qui voyait se briser ironiquement sa solitude sur un être improbable au visage rocambolesque et égrillard, surmonté d'une toison capillaire longue et frisotante, fait enfin d'un nez aquilin et d'un menton diabolique ; il ressemblait encore à un diablotin discourtois mais chaleureux, son visage touchait en effet par des moments angéliques qu'un semblant d'harmonie donnait à voir ; toutefois, son pantalon que ne remarqua que plus tardivement Aïdigalayou, ce qui le fit s'esclaffer de nouveau, était d'une largeur telle que l'homme commun, absorbé par la fantaisie, confondu par tant de baroque et de subterfuges, aurait cru avoir devant lui, un génie. Or cet homme, c'était Christophe Point.

     Aïdigalayou acheva sa descente parmi les hommes, contempla longtemps le faciès de Christophe Point, vit que son œil droit était extrêmement vif et que son œil gauche, quant à lui, semblait se reposer de façon aristocratique, et il murmura à son cœur : « Voilà un homme ! » Comme Christophe Point riait de se voir si beau en Aïdigalayou, il ne songea point à parler. Aïdigalayou cessait lui de susurrer à son cœur, et présenta à Christophe Point l'immense joie qu'il avait de le rencontrer et plus particulièrement, indiqua l'étendue de sa fortune car il rencontrait un homme. Christophe Point interrompit le rictus hilare qui l'habitait depuis trois quart d'heure et eut les joues qui s'empourprèrent ; tout honteux, il se gaussa encore car Aïdigalayou avait lui-même, un visage aquarellé et optatif et cela semblait une vaste pantalonnade. Aïdigalayou pensa que Christophe Point se moquait de lui alors il pleura beaucoup car il n'était pas habitué à la moquerie et aux sarcasmes de l'humanité ; pourtant, il discernait toujours dans son œil droit et vif, une tendresse qui le fit davantage pleurer car il cru qu'on avait pitié de lui.

     Comme Aïdigalayou déversait sur le sol humain sa dernière larme, il demanda à Christophe Point : « Quel est votre nom, messire ? » Christophe Point qui était un homme sincère répondit dans un phrasé de sorcier normand : « Christophe Point ! » Aïdigalayou ne dit rien mais inscrit ce nom dans le jaspe et l'albâtre de son entendement, mais aussi sur le pourpre et l'incarnat de son cœur, car c'est par son cœur qu'Aïdigalayou parlait. A cet instant, le malveillant Christophe Point ne se doutait pas qu'il entrait de plein pieds dans l'histoire, dans la marche interminable du monde et de sa suite pleine de fureur et d'escarmouches. Aïdigalayou qui pensait beaucoup, oublia de converser davantage avec Christophe Point qui avait, dans une insouciance aérienne, poursuivit sa route, riant dans l'estivation impétueuse de sa physionomie bougre et bonhomme. Aïdigalayou qui restait immobile se souvenait de sa vie passée et de sa lointaine solitude, alors il fut triste. Mais il devait s'arracher à son trône grand-guignolesque qui siégeait là-haut, sur la montagne de la Gaudriole qu'il avait maintenant quitté depuis un jour et une nuit. Il souffrait sans doute, mais il se remémora Christophe Point et cela le consola ; mais Christophe Point avait disparu. Alors, Aïdigalayou parla à son cœur en ces termes : « Où es-tu Christophe Point ? Qui es-tu ? Et d'où viens-tu ? Et où vas-tu Christophe Point ? toi dont le nom est à jamais gravé dans le jaspe et l'albâtre de mon entendement, mais aussi sur le pourpre et l'incarnat de mon cœur. N'es-tu tout de même pas un effet de mon phantasme et de ma mythomanie ? N'es-tu pas les chimères qui peuplent les entrailles de ces enfers dont tu serais le représentant désigné par Lucifer, dieu des hommes ? Réponds-moi Christophe Point ? N'es-tu pas ici ? N'es-tu point là ? » Et Aïdigalayou entendit soudain derrière un rocher qui abritait ensuite un arbre, un sifflement magique qu'il associât à son implorant chant. Christophe Point sorti de derrière les sapins, il sifflotait gaiement et passa à côté d'Aïdigalayou et le salua. « Il veut me faire un signe, songea Aïdigalayou. Et si c'était le signal ? Et pourquoi cet homme siffle-t-il d'abord ? Et comment se fait-il qu'il soit si heureux ? la terre des hommes est-elle si belle et joyeuse pour mériter toute cette approbation ? » Ne se souciant plus du tout du danger et de la peur de souffrir, curieux comme jamais, Aïdigalayou se sentit réconforté et s'apprêtât à suivre Christophe Point. Il n'avait pas accompli deux pas qu'il s'arrêta « Et si c'était... le Malin Génie ! »

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Publié dans Carpatisme(s)

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L
que de manigances !! et je me dis ... christophe devrait se mettre au point .<br /> (je m'excuse platement de cette vieille logohrée bien digne de ma médiocrité humoristique, qui m'aura définitivement démasquée). <br /> A cela j'ajoute le tant attendu http://herissonbleu.canalblog.com, ainsi que de joyeuses fêtes, dans la mesure du faisable !<br /> Bien à vous
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C
ah mais comment vous joindre? n'avez-vous pas un mail? je m'interroge...
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L
Allé je poste!<br /> Dans ce petit cadre blanc de lettre d'invitation noyé au milieu de ce gris chiasse formant l'arrière fond de l'écran.<br /> Le cadre étant petit il me faut condenser ma pensée, la rapetissire au format de ce post-it.<br /> J'ai à vous dire une prophétie, u un conte, ou une thèse, ou une poésie, je ne sais comment le nommer. Accompagné d'un éloge à vous deux, d'un remerciement, d'une fresque contemplative de vos faciès, là aussi je ne sais pas le titre de mon deuxième axe.<br /> Et la troisième partie sera une invitation, une initiation, un cheminement, un rite urbain à laquel je vous invite vous deux, dans le souci de vous offrir un outil de défragmentation du réel.<br /> <br /> Allé, je me lance! mes trois axes sont près, le plan est clair, je l'écrit pour vous.<br /> <br /> <br /> <br /> et puis non, ce cadre de "rédigez ici votre commentaire" est vraiment trop petit. De plus mon écrit n'est pas un commentaire, ce serait incohérent.<br /> Non, je ne l'écrit pas.<br /> <br /> Vous avez mon adresse, postez moi un mail pour vérifier le lien et je vous répondrai par la tirade désirée ci-dessus.<br /> <br /> énervement de ce report de temps<br /> Salut<br /> christophe point
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J
<br /> Vous êtes décidément un être aussi mysterieux que fascinant !<br /> <br /> <br />