Les nouveaux phantasmes d'Aïdigalayou

Aïdigalayou était entré dans le train où l'on protestait pour trouver une place assise ; dans un grand vacarme tumultueux et débordant des flux humains qui venaient et revenaient nerveusement d'un wagon et d'un étage à l'autre. Tout juste entré, Aïdigalayou perçoit alors une, puis deux; puis trois places. Il passe la première, s'arrête à la seconde et s'y assoit ne prêtant qu'une faible attention à la jeune fille au côté de laquelle il venait de s'installer. Il tente alors de porter un regard sur son visage, feignant de regarder par la fenêtre les agitations du quai. Il ne voit que son profil et doit donc se décider à lui causer pour naturellement apercevoir la beauté faciale. Et là, voyant son visage, il constate l'assez long nez de cette jeune femme, un nez courbé au-dessus duquel se présentait deux grands yeux faiblement maquillés mais fort jolis ; sa chevelure était ensuite blonde et abondante. Il n'y avait rien au fond d'extraordinaire dans ce visage ni dans son esprit ; elle devait, pensa Aïdigalayou, étudier le droit ou la médecine.
Bien que ce visage ne fut point au goût d'Aïdigalayou, savoir sa présence à côté de lui le réconfortait ; d'autant plus que son corps fut lui, excessivement désirable. L'agitation extérieure avait diminuée et le train partait. Aïdigalayou s'était tu et ne sentait plus que le parfum indocile de sa voisine qui s'était empressée, elle, de fixer sur ses oreilles dissimulées par sa toison d'or, les écouteurs de son lecteur mp3 qui traduisait cette fois-ci toute l'étendue de la bêtise de cette sympathique étudiante en droit. Pourtant, en cette matinée déjà avancée, le soleil transperçait la vitre de la voiture et tapait sur eux. Ce soleil et cette clarté étaient réjouissants mais très vite produisaient une sensation de suffocation et faisaient suer de manière tout à fait insupportable. Aïdigalayou endurât cette souffrance, mais la jeune femme cessa d'écouter, elle, son lecteur musical et ôtât son pull qui laissait désormais voir un timide décolleté disposant toutefois d'une merveilleuse petite poitrine. Aïdigalayou frémit à cette vision et n'en transpira que davantage. Il voyait cette poitrine que le soleil chauffait, il sentait ces formes brûlantes dans ses mains et voulu alors la saisir pour satisfaire sa fantasmatique pulsion. Puis-je vous tâter les seins, madame, lui aurait-il même demandé si Aïdigalayou n'était pas si timide.
Il n'avait plus regardé son visage depuis la brève conversation qu'ils avaient eu et Aïdigalayou avait simplement remarqué qu'elle s'était assoupie en écoutant par ses écouteurs je ne sais quelle musique dont on entendait par ailleurs la nullité. Aïdigalayou orienta donc son regard en direction du délicieuse corsage de la fille qu'il aurait alors voulu posséder totalement. Mais bientôt le soleil faiblit puis fut entièrement voilé ; sans doute son corps était encore tout brûlant, mais elle dut ressentir le froid, ouvrit les yeux et remit son pull qui supprimait tout l'érotisme et ne laissait pour seul souvenir que ce parfum abrasif qui empestait encore dans les narines d'Aïdigalayou et qu'agitait à nouveau ce fâcheux pull.
Déçu aux larmes, Aïdigalayou, comme punition, ne considéra plus du tout le visage ni même le corps généreux de cette femme et ne lui adressa non plus la parole. Il était mécontent. Face à cet échec, Aïdigalayou eut pourtant une consolation, certes bien faible ; quand le train arriva en gare, la jeune fille demanda à Aïdigalayou si elle pouvait l'embrasser car elle le trouvait très beau. Il accepta, mais indifférent ; lui, ce qu'il aurait voulu, c'est lui tâter les seins, nom de dieu !