Le Carpatisme - Métaphysique du coup de pied au cul

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Le pari de la création. Comment peut-on qualifier l’homme jovial sinon qu’il est une tempête humaine qui ravage tout, qui déborde et qui est précédée d’un fameux calme, lourd et pesant ? Cette tempête, pour tout dévaster, puisque le but d’une tempête est bien de tout détruire sur son passage, se transformera chez le carpatiste en une force créatrice ! Détruire pour créer. Autrement dit, à l’origine de l’art, un coup de pied au cul ! Un coup de pied au cul furieux et libérateur comme refus et acceptation. Le repos que décrivait Pascal comme synonyme d’angoisse face à la réalité de l’existence est dès lors comblé, non pas par une espèce de divertissement ou de foi, mais au contraire, par l’acceptation même de la condition humaine à travers l’œil artistique, l’œil qui affronte les énigmes de la terre et de la fatalité belle-hellénique ! L’artiste est avant tout un homme qui voit. Et c’est un conquérant puisqu’il entreprend une œuvre sans raison sinon celle de percer le mystère de l’existence même. Quelle audace ! Et il fout un coup de pied au cul à tout ce qui gène, tout ce qui ne cherche pas à percer ce mystère, à tous ceux qui l’en empêche. En cela l’œuvre d’art perce le secret de l’existence qui n’est autre que la vision de l’artiste, du carpatiste.
17.
L’art et le con. Il est simple de voir que le con, qui ignore jusqu’au tragique de sa condition, n’a pas lieu de créer, et d’autant plus qu’il en est incapable. De même qu’il ne peut qu’ignorer la philosophie puisque pour lui l’existence n’est pas un mystère et n’est surtout pas une question. C’est une fin dans laquelle il se divertit et où il n’est pas libre ; aussi les énigmes ne sont guère sa tasse de thé. L’artiste est libre parce qu’il a conscience de la faille dans laquelle il se trouve et qui est la faiblesse même de la mort : sa vie ! Alors vous en conviendrez, disons oui à la dictature du coup de pieds au cul !