Le Carpatisme - Jovial on the rocks

Publié le par Jovialovitch















13.

 

Jovial !. Imaginez-vous un instant emprisonné avec la personne que vous détestez le plus. L’être le plus haïssable à vos yeux. Le plus détestable, le plus répugnant, le plus vil, bref, le plus insupportable qui puisse fouler cette terre de ces pieds discourtois. Imaginez ensuite que vous le soyez pour toute éternité. Imaginez enfin que cette personne soit la vie telle qu’elle vous apparaît, telle que vous la vivez, telle que vous la subissez, celle-là même qui vous pousse à la dénigrez. Vivriez-vous dans l’enfer pour l’éternité ? Dans cette prison, à quelques mètres d’elle ? Ne seriez-vous pas plutôt tenté de tuer cette personne qui vous empoisonne l’existence ? De cet emmerdeur qui fait rien qu’à vous pomper le jonc ? Oui mais, me direz-vous, il s’agit d’un meurtre ! Un meurtre c’est pas n’importe quoi, même dans une prison ! Et puis après, quand vous l’aurez tué, vous vous sentirez bien seul dans votre cachot, et ce, pour toujours. Oui mais d’un autre côté, quel bonheur, quelle exaltation d’être libéré de cette enflure. La vie commencerait enfin ! Vous ne la subirez plus, vous la créerez, vous ne pourrez plus la dénigrer puisque elle émanera de vous ; plus personne ne viendra vous courir sur le haricot et vous rirez de votre victoire. Vous aurez vaincu, vous serez Jovial ! Vous aurez donné un coup de pied au cul de tout ce qui vous rongeait et vous ennuyait. Vous déborderez de toute la haine accumulée par la présence de votre détestable compagnon, de cette abjecte vie qui vous érodait. Vous ne pourrez vous maîtrisez totalement tant l'ivresse sera grande, tant le triomphe sera total. Vous courrez nu dans votre prison en hurlant et dansant votre joie et un beau jour, vous vous arrêterez, vous vous sentirez las, fatigué, vous vous coucherez, vous vous déprécierez, vous vous sentirez soudainement seul, trop seul, vous ennuierez, vous regretterez même le passé et cette ancienne vie que vous meniez alors. Si insupportable soit-elle. Et puis constatant avec précision votre état, vous refuserez finalement la décrépitude, vous vous direz que cela est mauvais, que vous ne voulez pas être ronchon, que diable, que vous voulez mater ce ronchon qui vous désespère, alors, vous reprendrez le dessus, vous assassinerez ronchon, cet état misérable qui vous incommode, qui incarnait en vérité un nouveau compagnon dans votre cellule par vous-même crée. Vous le mépriserez de toute vos forces, vous voudrez être plus que ça, vous en triompherez encore…..Vous serez Jovial !

 

14.

 

Pourquoi les cons ne sont-ils pas Jovial ?. Dans la prison susnommée, le con est l’empoisonneur. Il n’y a pas de cellule pour lui. Il y est bien. Il s’y sent bien. Il est de ce monde. Il y est à son aise. Et il vit là-dedans sans même se poser la question de savoir pourquoi il y est et si sa vie est convenable. Alors même que la réponse se trouve devant ses yeux. Ce serait un personnage kafkaïen qui naîtrait dans des oubliettes sans même s’étonner d’y être, sans chercher à en sortir. Ce serait encore les Vladimir et Estragon de Beckett qui vivraient en attendant Godot sans même prendre conscience de l’absurdité de la vie. Les cons croient suffisamment dans quelque chose pour vivrent. Oui mais vivre en portant atteinte aux autres, par leur médiocrité, par leur âpre et affligeante médiocrité. Et portant atteinte, disais-je donc, à ceux-là qui y sont confrontés dans la cellule. Ceux-là qui sont exigeants. Ceux-là qu’on a nommé carpatistes ; qui veulent plus que ce qu’ils n’ont. Qui veulent être libres, c'est-à-dire responsables d’eux-mêmes, c'est-à-dire, ébranler les quatre murs qui les ceints. C'est-à-dire louer une seule créature démiurgique entre toutes : Jovial !

 

15.

 

Jovial, un coup de pied au cul sans préméditation !

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Publié dans Carpatisme(s)

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