Swing Baby Swing

Publié le par Jovialovitch

         Love in my heart ! Ah ! Vas-y danse ! Swing, ma jolie ! Saute et palpite ! Déplaces-toi, ma cabriole, dans le temps et dans l’espace… Meus-toi entre les notes, pirouette donc sur la partition ! Laisses-toi barder par la musique qui roule et t’emporte comme une mer déchaînée… Oh, ma ménade baladine, « laisses-toi au gré du courant, porter dans le lit du torrent ! » Que tes cariatides abricotées quittent la rive et partent à la dérive ! Danse, ma chérie ! Danse, comme un drap qui sèche sous le souffle du mistral, comme ces mains noires qui courent sur le piano, comme des bulles de champagne qui papillonnent joyeusement dans une flûte renversée, comme ces volutes bleuissantes qui s’évertuent vers le claveau… Swing Baby Swing ! Comme les lèvres d’un jeune homme à son premier rendez-vous, comme les yeux d’un enfant qui parcourt un livre d’aventure, comme la langue d’un chien qui trotte et s’essouffle, comme les ailes d’un oiseau quand approche l’hiver, comme le crayon d’un artiste pendant la nuit blanche… gigote et bougeotte ma toute aimée ! Au hasard de tes impulsions, au souffle des saxophones qui te caressent, des guitares qui bafouillent pour toi, des hautbois dans leurs étreintes suspendues et des percussions, dans leurs battements sautillants qui imitent ceux de ton cœur…
        Va voir la musique ! Prends-là dans tes bras… Tourbillonne avec elle sur la piste, virevolte de milles feux sur une valse à mille temps, barbotte et barbouille comme ces feuilles gorgées de soleil sous les pluies du mois d’Août, dansotte seule et parfois même accompagnée d’un jules aimant ou d’un million de bateleurs démontés, défoules-toi en saccades et soubresauts, jusqu’au bout de la nuit !  Prends les sons comme des nuages, sur lesquels tu te posent et te reposent ! Prends les octaves pour des frères que tu enlace et  embrassent ! Prends le crescendo pour ton ami de toujours, qui te conduis au sommet de la colline où tu fulmines en Nirvana ! Accueille le rythme, empoches-le dans tes fibres, emballes-le dans tes nerfs, pour qu’il roule et foudroie dans tes veines ! Que le swing te possède ! Qu’il te transcende, que tu te surpasses, ma mignonne, que tu libères par lui du charnel, que les gloses te portent vers le moment de grâce, où tu t’oublies, où tu frissonnes… vas-y, décolle dans la symphonie millénaire, suis les sons qui s’en vont, nous te rejoindrons ! Regagnes l’absolu du premier-né des arts ! Danses et recommences ! Balances tes bras, élances tes guibolles, sautes en cadence et décadence : avec un peu de chance, tu organiseras l’espace et rythmeras le temps ! Vas-y ma divine pantomime, remues donc tout ça, tu n’en es que plus belle, car en dansant, tu te dépasses…  Oh, ma valseuse, je te le dis : Swing Baby Swing !

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Publié dans Nouvelles enivrées

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L
Faites voler les matières, en ce premier mai...<br /> (Arthur Rimbaud aurait cligné de l'oeil)
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C
Le court écrit de Valéry se lit ici :<br /> http://l-oeil-du-vent.over-blog.com/article-19192882.html
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C
S'enivrer de la danse du sens.<br /> Connaissez-vous ce court écrit de Paul Valéry, l'Ame et la Danse, cette utopie du corps échappant à la pesanteur, voulant être ailleurs toujours ?
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J
<br /> <br /> Merci Clarinesse, pour votre attendrisante fidélité au Moindre, et cela malgré les lamentables<br /> goujatteries de son investigateur repentant.<br /> <br /> Pour répondre à votre question, j'ignorai l'existence de ce texte. Sans doute est-il intéressant, et d'ailleurs je prends soigneusement note de son existence.<br /> <br /> Sans doute le lirais-je un jour en pensant à vous, lorsque j'aurai enfin entre mes doigts une véritable culture classico-ittéraire...<br /> <br /> Jovialovitch, les chemins d'orgueil...<br /> <br /> <br /> <br />