Aïdigalayou contre l'homme vulgaire

Publié le par Jovialovitch


Accroupi Aïdigalayou rumine sa pensée avec frénésie dans un silence monacal. Soudain, il sent la présence au loin de l’homme vulgaire qui s’approche d’un pas vacillant.

 

AIDIGALAYOU

Quelle est donc cette maudite silhouette qui vient

De ce pas chancelant de et cette allure de moins que rien ?

Pourquoi faut-il qu’il trouble une fois de plus de son âme grégaire

Le penseur Aïdigalayou, ce maudit vulgaire ?

 

L’HOMME VULGAIRE

Penseur Aïdigalayou, accordez-moi une entrevue, je vous le prie et m’excuse auparavant d’avoir rompu votre état méditatif par mon insolente venue.

 

AIDIGALAYOU

Taisez-vous dont !

Et exposez votre sermon.

 

L’HOMME VULGAIRE

Sachez que je vous suis tout reconnaissant sieur Aïdigalayou, croyez-le bien ; et puis causer à un homme comme, que dis-je, un démiurge ! c’est pas….

 

AIDIGALAYOU

Ainsi donc vous n’en venez point aux faits ?

Faut-il que vous soyez un fieffé farfadet !

 

L’HOMME VUGLAIRE

J’y venais précieux Aïdigalayou, homme de l’ombre et des étoiles qui parsèment les cœurs, homme de savoir, errant nervalien, homme de goût, toi qui reste immobile pour te mouvoir, j’y venais.

C'est-à-dire qu’il y a là-bas au village une femme qui m’aime follement. Hélas, sa grande timidité l’empêche de me l’avouer.

 

AIDIGALAYOU

Tout cela est fort indisposant

Et me plonge dans un profond tourment

Ecoutez, ne jouez point les misanthropes

Et emballez-moi cette foutue salope !

 

L’HOMME VULGAIRE

Seigneur Aïdigalayou, la verve vous égare ! Renseignez-moi plutôt, prophète amphigourique, comme puis-je me sortir de cette inopportune et triste situation.

 

AIDIGALAYOU

Etes-vous au moins sur qu’elle vous aime

Cette belle et charmante bohémienne ?

 

L’HOMME VULGAIRE

Comment ?! Comment osez-vous douter de cela, Maître Aïdigalayou ?! Comment pouvez-vous professer telles calembredaines ?

 

AIDIGALAYOU

Ecoutez, si elle ne vous dit rien,

C’est qu’en vous, elle n’aime rien !

N’allez pas chercher de la timidité

Là où il n’y a que haine et satiété

 

L’HOMME VULGAIRE, bouleversé

Mon dieu, me voilà bouleversé ! A la place de son cœur avec le mien encré, n’y a-t-il qu’un affreux vide ? Moi qui croyait qu’elle ne vivait que pour moi ! J’ai été trompé par je ne sais quelle entourloupe satanique ! Aïdigalayou, à présent, tranchez dans le vif, saignez-moi comme un porc ; ne voyez-vous dont pas que je ne mérite plus de vivre ?

 

AIDIGALAYOU, flegmatique

Partez, pauvre inconscient,

Abusez d’elle si c’est tentant,

Mais surtout ne me faites pas faire l’irréparable

Saisir ma lame pour la planter, vous seriez incurable !

 

L’HOMME VULGAIRE, sanglotant de souffrances illégitimes

Regardez plutôt, mes sanglots sont de souffrances. (En hurlant) De souffrances illégitimes ! Fuyez-moi Aïdigalayou, tuez-moi Aïdigalayou, mais surtout, ne restez pas là. (Il hurle encore) Assassin vous ne serez point ! je vous le dis Aïdigalayou, mais, mon libérateur ! Oui, affranchissez-moi au lieu de praire délicatement loin des pensées des autres ! AHAHAHAHA ! Maudit Aïdigalayou, déshabillez-moi de ma chair humaine et médiocre, égorgez-moi ensuite et je vous enverrais une carte postale de remerciement depuis l’Au-delà. Je vous le prom…..

 

AIDIGALAYOU, plantant sa lame dans le ventre de l’homme

Ainsi périt L’homme vulgaire,

Et son impie âme grégaire.

Je peux me replonger dans l’immanence

Car enfin ai-je abrégé mes souffrances !

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