Le Carpatisme - Les énervés du village

Publié le par Jovialovitch


























5.

 

Les énervés du village. Bien que distinct des cul-serrés, les énervés du villages sont des cons. Si l’on ne peut établir un réel rapport conflictuel entre les deux, il apparaît clairement que les cul-serrés et les énervés du village ne cachent pas un mépris certain les uns pour les autres. Mais voyons plutôt l’origine de ce conflit, et en premier ce qui permet de distinguer ces deux individualités parmi les cons. Les cul-serrés sont davantage intégrés à la société dont ils se sont en partie emparés. Disons qu’ils y exercent une influence tout à fait importante. Quant aux énervés du village, ils sont apparus plus tard et de ce fait, en tant que minorité. La logique a voulu qu’ils se développent de manière plus communautaire, un peu à l’écart du macrocosme cul-serrés.

Ce qui distingue l’énervé du village du cul-serrés, c’est principalement la grossièreté. Non que les cul-serrés ne soient point grossiers, mais plutôt que les énervés du village le manifeste de manière particulièrement intolérable : par le langage et en hurlant qui plus est. Si il est certain que le langage a été inventé pour les choses médiocres, j’ajouterai qu’il est utilisé par des gens médiocres. Il en est ainsi pour l’énervé du village qui au-delà de ces considérations vocales, est emprunt de hargne, de rage et de bellicisme vengeur. Pour conclure, les énervés du village n’ont pas inventé le fil à couper le beurre.

 

 

6.

 

L’erreur des énervés du village. Elle réside dans l’aspect revanchard de ceux-ci. Ils ont cette certitude inébranlable que leur situation est celle d’une exclusion, d’un rejet volontaire dont les seuls responsables sont les cul-serrés. Or c’est bien à cause de cette vulgaire croyance qu’ils s’enferment, qu’ils demeurent à l’écart, tout en professant avec ce ton haineux susmentionné. Ton haineux qui devient viscéral.

Certes, des énervés du village vont tentés de s’immiscer dans le cercle des cul-serrés mais avec une grande difficulté ; on parlera le plus souvent d’énervés du village déguisés. En revanche, aucun énervés du village s’élèvera par-delà les cul-serrés. Il restera à patauger au sein même de son éthique où tendra vers celle des autres. L’erreur des énervés du village est donc double : ils se sentent victimes et deviennent ainsi victimes d’eux-mêmes, et ils sont incapables, à l’instar des cul-serrés qui eux se sentent bien, de devenir Carpatistes. Pour conclure, les énervés du village ne mettent même pas la main devant la bouche quand ils baillent.

 

 

7.

 

Le Carpatiste. Les cons sont antinomiques au Carpatiste. Le Carpatiste se rie du sérieux atrabilaire des cons et de leur opposition farfelue. En cela, ils se délivrent de la bêtise puisqu’ils prennent conscience que les cons sont de vils fanatiques, heureux de patauger dans la merde, inconscients du tragique de leur existence. Le Carpatiste se rie donc de l’absurdité de l’existence, de son existence. En cela le Carpatiste est jovial car il triomphe des certitudes bassement fausses des cons. Ainsi, il s’élève à des lieux de la connerie profonde, des morales, en ne restant pas dans l’ignorance, mais en affrontant la terrible réalité de l’existence. La jovialité qui en résulte et qui est donc tragique, entraîne une métamorphose physiologique du Carpatiste qu’on assimilera à une ivresse. Le Carpatiste développera une volonté d’agir à l’origine de la création joviale qui lui renvoie alors l’image même de sa jovialité, en cela, le Carpatiste est éternel. Pour conclure, l’art moderne est l’art des cons.

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Publié dans Carpatisme(s)

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