Calligraphie circonspecte d'un Blocus Continental

Publié le par Jovialovitch

vastitude.jpg      Ses courts cheveux mordorés sont de ceux qui ne peuvent pas onduler sous le vent ni s’ébouriffer en l’air, en une explosion capillaire comme seules savent en faire les tigresses féminines… De toute façon, ce n’est pas une tigresse : elle exhibe au monde, sans honte et sans vergogne, un corps fruste et déplaisant, aussi dépourvu de sex-appeal qu’une patate fraîchement déterrée… C’est un mètre cube, cette femme… un tonneau gaulois… un tas de viande cubique, qui doit produire assez de testostérone pour sortir violemment de l’enfance une trentaine de jeunes éphèbes impubères…  un véritable monstre… une sorte de planète tellurique sur laquelle il n’y a pas plus de féminité que de Vie sur Mars… un Léviathan imposant qui laisse une ombre gigantesque derrière elle… un être d’une telle envergure organique qu’on en vient à se demander comment elle fait sécher son linge, sans pour autant monter une réplique taille réel du cirque Lamy sur son balcon : des bourgeons de seins inachevés qui se noient dans l’océan grasseyant de son ventre ballonné… des bras de bibendum clermontois qui tentent d’arrêter de fumer… une paire de fesse qui est au séant ce que l’Eurasie est à la géographie… des cuisses si pansues qu’on dirait des colonnes corinthiennes… des mollets corpulents qui se remues bizarrement à chaque coups de gong, nimbés du triste effet que procure une épilation bâclée : des brouillons tapageurs de crevasses dérisoires, d’où partaient jadis de longs poils déconcertants de masculinité… Et puis, une tête… De ces visages protéiformes qui provoquent l’effroi chez celui qui le regarde… d’une froide pâleur, d’une sensualité frisant l’inexistence, d’une laideur qui vous fiche la nausée… Y’a que ses yeux, bien bleus, qui sont jolis…

       Pareil, pour le reste : des jeans trop petits ou des panachures grisâtres pour sportifs du dimanche, qui lui serrent si prestement les jambes qu’on eut dit qu’elles les mettaient précisément pour faire ressortir fièrement la carrure bovine de ses guibolles paléontologiques… Des T-shirts d’un vermillon qui vous pince les yeux, comme pour bien la remarquer, même dans le noir d’une nuit brumeuse… Et c’est tout, sans compter bien sûr ses baskets insignifiantes et ses lunettes de soleil que seul Steeve McQueen pouvait porter jadis avec dignité… et bien sûr, sa voix, qui est au fond, une sorte d’habit qu’on entend si fort qu’on semble la voir : elle hurle, tout le temps, constamment, sans cesse… comme si elle était au fond d’un puits et qu’elle appelait à l’aide… et puis, ce ne sont pas que vibrations sonores, c’est aussi et surtout ruses et subterfuges, qui sorent de sa bouche béante, certainement destinés à provoquer chez son auditoire attentif un émoi sans pareil… comme si elle voulait que tout le monde la regarde et l'écoute, comme si son rire aussi bruyant que le décollage d’un airbus A-380 avait pour but de détourner sur son immanquable personne tous les regards du monde… Comme si elle cherchait, par l’intermédiaire adipeux de sa vaste anatomie et de sa voix nasillarde, à exister aux yeux des autres et à ceux d’elle-même… C’est bien triste en vérité… Certains disent que c’est une homosexuelle refoulée… au fond, c’est tant mieux... pour la gent masculine : on ne peut avoir du désir pout une telle créature qu'en sortant de prison…

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Publié dans Nouvelles enivrées

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M
bonne journée
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C
ça c'est ce qui s'appelle une description acide. Acide mais pleine de talent. Jolie plume. Si tu le souhaites tu peux venir exercer ta proser dans ma nouvelle histoire exquise, la première de l'année. Ce sera avec plaisir que je te lirai et que j'accueillerai ta participation (plusieurs si tu veux même).<br /> Bon week-end à toi.
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