Journal d'un homme qui en meurt de rire
C’est marrant la larme chaude qui coule sur la joue et qui se détache de mon visage ankylosé par la douleur de la vie. C’est drôle ce désespoir soudain qui s’abat sur moi alors que je suis pas tout à fait conscient. Elle est amusante cette blessure profonde qui me fait mal au cœur et qui saigne d’affliction. Qu’elle est cocasse cette souffrance qui remet toute mon existence en question jusqu’à mon désir le plus profond de vivre. Qu’il est désopilant ce traumatisme qui frappe mon esprit et déroute mes sens. Bien comique cette pensée obscurcie par le drame, lui et rien d’autre, alliance approximative de songes passés, d’incompréhensions présentes et de chagrins futurs. Burlesque, le refus misérable d’acceptation de la triste et tragique réalité auquel on croit que le temps n’y fera rien. Désobstruant, la consolation théâtrale pleine de peines et de paroles étourdies qui tentent de vous guérir de ce mortifiant chagrin inconsolable. Bidonnant le grand froid qui, lorsque seul dans votre cuisine, vous sangloter et implorer la délivrance ; affolé puis inerte, effondré puis stoïque. Drolatique, la certitude absolu de se foutre facétieusement de l’au-delà et des Portes du paradis. Poilante, l’irréparable perte que le deuil exprime par les sarcasmes ironiques de la parole, en lieu et place des larmes, voix effroyable de l’indicible. Humoristique, la perte de repères sociaux et l’effondrement moral. Tordant, les soins palliatifs qui s’en suivent. Folichons, les bouleversements psychiques de la peur triomphante, de la solitude sépulcrale et des coups de téléphones. Inénarrable, la nouvelle façon de voir les choses, les besoins d’expériences fortes et authentiques, telle que la tartine au beurre. Savoureuses les sorties sociales qui deviennent insupportables et qui nous amène à quitter nos amis ; où qu’ils me quittent d’eux même. Hilarious, les changements d’activités professionnelles et les nouvelles joies du chômage. Badinant, les conseils avisés de mon psychologue pour qui je dois chercher un sens à ma vie qui réside dans le fait que je peux aujourd’hui en trouver un, alors même que je ne pouvais pas auparavant. Délassant, l’aide que je dois apporter à mon fils qui n’a pas encore compris que sa mère était morte. Risible, la…..zut, j’ai plus de mouchoir là……bon……...je continuerais plus tard……Aller…voilà………………
J’me suis jamais autant marré moi……