Les Carnets du dictateur, le ravage humain

Publié le par Lukaleo

17 de octobre

 

Que de tristesse ; ma tête diffuse en son sein des douleurs alertes dont le surcroît provoque une fatigue et un épuisement faramineux, entraînant dans ma conscience engourdie l’obsession d’assouvir cet harassement dans un lit douillet que j’imagine et décrit mentalement, en fonction de ce mal dont on se demande, en le sondant un peu, si il en est un où rien de plus qu’une frugale et agglomération d’abjectes banalités qui soulèvent en moi la question existentielle de savoir si le doute n’est finalement pas l’indicible copulation d’incertitudes conditionnées par le fait que la vie est délimitée de toute part et ainsi, close par le vide absolu qui renvoi à ce désenchantement bien compréhensible. Songeant à cette bien digne parole, m’apparaît, grande et mortelle, l’issue fatidique de mon désir satisfait, qui est de ne pas en jouir, dans la mesure où l’immersion dans les pays exotiques et allogènes de la lacune nocturne, évacue le sentiment profond et éveillé de bonheur et de joie de vivre, d'apaisement profond et du plaisir du lit précisément recherché. Cette angoisse qui, acceptez-le, m’est peu agréable, s’est d’abord manifestée, et ce pour la première fois, pas plus tard qu’hier soir alors que je luttais effarouchement contre les danaïdes opiomanes de mon indifférence soumise aux témoignages vocalement muets de cette concavité encéphalique qui nous sert de cerveau.

Je sens que le pouvoir vacille, je sens que nous nous cassons la gueule frénétiquement, je sens cette tension qui déambule dans les couloirs aspiratifs de mon vénérable bunker, je sens tout cela, mais je ne peut rien faire par manque de lucidité. Pas une minute ne passe sans que ce besoin viscéral de s’étaler éperdument sur mon lit douillet ne vienne corrompre un sentiment de répit que ma pensée n’a plus. Ma vision se réduit de moitié et plonge dans l’obscurité complète mais éphémère des clignements d’une paupière qui demeure de plus en plus longtemps close.

Dans cet état second d’inconscience subalterne, il est nécessaire de ne pas plus bas sombrer, afin d’ôter toute blessure à l’âme que telle frustration induirait indubitablement dans son infinie dédain : celle de ne pas s'anesthésier à la lueur de la mécanique du sommeil en ne profitant ainsi point de ce bonheur léthargique impalpable aux inspirations utopiques farouchement convoité. Mais à cet instant, la limite se fait claire, froide et terrible ; comment ne plus sombrer dans l'épuisement abyssal sans pour autant le liquider dans l’inhumanité satanique du sommeil-roi ? En tout point, je suis, nous sommes, fichus ; le sacrifice, le choix, la décision est inévitable, le choix du non-choix devient en l’occurrence un non non-choix, se matérialisant dans un choix engendré par la négation de cette veulerie. Je pleure.

Ah Journal, sache que tu me guéris, tu me cajoles dans tes bras encrés délicatement déposés sur le support dorsal d’un papier qui te délivre. Toutes ces interrogations, que finalement, tout homme est amener à se poser un jour sont alanguies par le simple fait de te les transmettre dans le plus instruit et éminent secret non dévoilé et inviolable. Alors, ces douleurs vagabondes resterons, il est certain, à jamais inscrites sur ces foliations cartonnées que je remplies affablement de mes mains burinées, et qui laisseront à jamais une trace des ces grandes souffrances, si déjà muettes, je devenais sourd.

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