Journal d'un crucifix pas très catholique

Publié le par Lukaleo

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Quelle misère, oooohhh, quelle misère, sous son bide protéiforme dégoulinant de graisse infâme, le voilà qu’il arrive, parvenant à peine à se traîner dans son jean sur mesure décousu à la taille, qui comprime abjectement ses cuisses surdimensionnées d’où suinte un boursouflement corpulent qui ne m’inspire que la plus profonde répugnance. Son visage est fermé, ficelé par des joues ballonnées d’une obscénité adipeuse, laissant choir un triple menton répulsif et bouffi à l’allure rubiconde et congestionnée dans cet embonpoint triomphant, insulte à l’esthétisme et à la dignité humaine.

Il s’installe, à genoux sur son lit, me fixant piteusement, ne développant chez moi qu’une pitié difficilement contenue par mon inexpressive frimousse pourtant rigide. Des larmes de douleurs et de souffrances germent sur sa peau brillante semblable à une poêle abondamment huilée. Des murmures plaintifs de lamentations saumâtres et des heurts violents de sanglots précipités se détachent péniblement de son goulot  baveux. Ca y’est le gros chiale, et c’est moi qui me tape tout : les « Petit Jésus… », les « Aide moi… », les « Je t’en pris… », les « Donner moi un régime… », voilà à quoi j’ai droit moi ! Là voilà la réalité ! Je suis quand même pas une assistance social, bordel de merde !

La semaine dernière, il a trouvé le moyen d’apporter une gonzesse, deux fois son poids, trois tonnes de rouge à lèvre pour détourner l’attention,  une poitrine démesurée, une robe incapable de recouvrir toute la surface, bref, la totale. Il lui a offert une bague qui n’allait même pas à son petit doigt (et puis elle avait déjà un anneau gastrique de toute façon). Ils ont regardé la télé, puis au moment de conclure, la jouvencelle s’est endormie. Alors, il est venu me parler, à mon grand dam, couinant comme jamais je n’avais pu le concevoir. Au petit matin, elle est partie et depuis ce jour, il ne l’a plus jamais revu.

La journée, il va rendre visite à sa mère qui lui paye le thé, ensuite, il fait ses courses, lentement, puis, il est de retour. Alors, avachi dans son fauteuil, goinfré de chips, il regarde sur son poste cathodique l’intégrale de ses DVD favoris, il s’empiffre devant son ordinateur, et sort de temps en temps, n’hésitant pas à faire appel à son répertoire de blagues et étaler devant les filles son grand talent de séducteur. Hélas pour lui, il n’a aucune passion (à part Star Wars), il n’a pas plus d’activités sportives que professionnelles donc pas le moindre salaire ; mais surtout, surtout, il est très moche.

Dans ces conditions, autant dire, que je ne m’ennuie guère ! Tiens, voilà deux heures qu’il gémit dans son gras double et sécrètent cette fétide odeur de transpiration qui m’irrite les narines. Je me demande bien se que je fous là moi, c’est quand même  pas de veine ! AH ! Enfin il a finit le tas ! Eh bien je dois avouer que deux heures par jour ça me suffit largement moi, d’un autre coté ça peut pas durer plus longtemps, c’est la faim.

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Publié dans Journaux intimes

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