La résine du flan-papier
Il s’agissait de Léonard du Vitroliou, un homme méprisable et détesté par ses contemporains qui voyaient en lui l’infâme réincarnation diabolique d’une créature luciférienne aux desseins radioactifs. Certes élégamment vêtu, Léonard du Vitroliou fréquentait les soirées mondaines où il suscitait la répulsion collective et la nausée générale, et ce par sa seule présence. Inconscient de cette suprême détestation, le pauvre homme se croyait intéressent et admiré de tous. Dans l’expression perceptible du dégoût unanime, il ne discernait qu’une jalousie arborée dont il était d’ailleurs secrètement fier.
Sa passion pour les insectes l’avait poussé à faire de longues études fastidieuses. C’est durant cette morne période de son existence qu’il manqua mourir au moins cinquante fois par an. Chanceux, il parvint à réchapper à tel flippant fatum avec quelques égratignures seulement ; et notamment lorsqu’il d’endormit sous un soleil de Satan sur une plage méditerranéenne pas moins de huit heures consécutives. A son réveil, il cru être brûlé au centième degré. Heureusement pour lui, il avait un parasol. Profondément soulagé, il prononça alors ce mot magnifique qui depuis est resté dans la postérité : « Je l’ai échappé belle ! »
Quoi qu’on en dise, Léonard du Vitroliou était content. Après tout, le rejet qu’il induisait, ne s’était toujours pas manifesté consciemment à son esprit aveuglé par son propre entendement. Et c’était bien là sa chance et en même temps son grand malheur. Car dans sa faiblesse, l’Homme est dominé par son désir inaltérable de voir ce que les gens ont derrière la tête pour le haïr alors et occuper sa pensée une partie de sa vie, parce qu’il faut bien s’occuper. Cette thèse était justement défendue par Léonard du Vitroliou, suite à laquelle, ses congénères n’hésitèrent pas à profiter.
Mais vient un jour où la vérité éclate. Car contrairement à ce que le lecteur naïf et ingénu pouvait tirer en conclusion hâtive, Léonard savait l’animosité et l’aversion qu’il provoquait. Oui, il le savait, mais seulement, le soir, dans la solitude circonspecte de sa chambre éclairée à la bougie, quant il fait le bilan de sa journée aux plus profonds de ses tréfonds grisâtres. C’est ainsi que Léonard fait semblant et souffre en silence dans la solitude circonspecte de sa chambre éclairée à la bougie, quant il fait le bilan de sa journée aux plus profonds de ses tréfonds grisâtres.
Finalement, la complexité de l’homme n’en dépeint pas moins une certaine contradiction et ambiguïté dans la situation existentielle et métaphysique de Léonard du Vitroliou qu’il présente comme la sienne alors qu’il ne fait que simuler ingénieusement une autre condition qui n’est d’ailleurs toujours pas la sienne. Quel con ce type !