Journal d'un pédophile qui s'ignore

Publié le par Lukaleo


        Il faisait beau ce jour-là. En même temps, on était en été. Je me promenai dans une rue déserte, quand je décidais d’emprunter l’escalier art-déco post-moderniste teinté d’un expressionnisme allemand surréaliste du meilleur aloi, et qui se trouvait être marqué de l’inscription « Métropolitain ». J’arrivai au bout de celui-ci dans un sorte d’immense cachet d’aspirine souterrain, et qui n’était autre que la station de métro en elle-même. J’attendais longuement, assis sur un banc prévu à cet effet, à côté d’une jeune jouvencelle brune, aux cheveux longs et brillants, et aux miches fermes et légères. Elle tourna la tête, se rendit compte de ma présence, et ne sembla pas, en plongeant ces vasistas noisettes dans les miens, insensible à mon charme. Cependant, son faciès avait beau être particulièrement aguicheur et ses guiboles d’une finesse remarquable, elle ne me faisait pas le moindre effet.

      L’énorme pénis souterrain rempli de verre et de ferraille et que l’on nomme métro, arriva. J’y rentrai. La jeune gisquette, qui, je m’en rendais compte à l’instant, avait un arrière-train digne d’une actrice américaine anciennement top model, semblait vouloir être proche de moi. Je la laissai faire. Après tout, c’était gratifiant. J’espérai silencieusement qu’elle ne se fasse pas d’illusion : je n’avais pour elle aucun désir. Une fois rentré dans le métro, je pouvais m’asseoir, et d’ailleurs, je le fis. La polka resta debout proche de moi, accrochée à ses espèces de anses élastique qui pendent en l’air comme de la bidoche saignante dans les boucheries. En face de moi, il y avait un autre siège : mais il était libre, bien que je pensai que ça n’allait plus être le cas longtemps à cause l’autre pin-up qui semblait bien décider à engager avec moi la conversation. Mon regard croisait le sien, et je sentais en elle qu’il se passait comme un frétillement, et au moment où ce frisson qui semblait la parcourir allait atteindre son paroxysme, le métro s’arrêta violemment, les portes s’ouvrir et des passagers entrèrent. Et là, sur le siège en face de moi, s’assirent deux personnes : une mère et son enfant. La première me regarda en souriant. Et je lui rendais poliment son sourire, qui était en somme, une salutation distinguée. Elle sortit un livre de son sac, et fit ce qu‘il est d‘usage de faire avec. A sa gauche, son petit, un garçon qui devait pas avoir cinq ans, semblait perdu dans ses pensées. Il était la tête collée contre le fenêtre, il regardait à travers le noir du tunnel défiler les rails et les rares lumières : il rêvassait.

       Je le regarda avec obstination, mais il était trop dans la lune pour se rendre comte que je l’observait, et à mon tour, je me laissai emporter par la petite frimousse rose de ce blondinet à la peau d’ange, et au visage tout aussi céleste. Je sentais dans les formes de ce petit corps encore esquisse toute la pureté de l’enfance, je voyais dans cet anatomie florissante toute la beauté d’un être limpide comme un lac de montagne au cœur de l’été. C’était beau et bouleversant. Mon cœur se mit à battre, mon corps tout entier s’embrasait, je sentais en moi s’épanouir de chaudes convulsion, qui semblaient comme me donner du plaisir en des sueurs que je ne maîtrisai plus. Les bruits de ferrailles, de rails, les discussions des autres passagers, la présence de cette fille pas loin de moi s’épanouirent dans mes pensée, toute mes capacités intellectuelles étaient concentrées sur cet enfant, serein, portant en lui tout la beauté du monde, toute l’innocence et la virginité qu’un être humain peut contenir, et sur lequel mon regard semblait comme faire un zoom avant puissant et acharné. Je ne le quittai plus. Ses yeux bleus, se perdaient dans des taches de rousseur oranges comme des clémentines, ils étaient cachées par des tresses rebelles, d’un jaune chaud, brillant comme de l’or. Il tourna la tête, me regarda, lança ses yeux bleus comme une mer d’azur dans les miens. Combien de temps cela a-t-il durer, je n’en sais rien. A-t-il compris le bouleversement qui se produisait en moi, a-t-il saisi de son instinct enfantin combien j’étais terrifié ? Je n’en sais rien. Toujours est-il que sa mère ferma son livre, prit son fils par la main, et reparti avec lui, en me faisant de nouveau un sourire, qui cette fois me disait « au revoir ».

       Au fond, je n’avais rien compris. Et surtout, j’avais peur. Ce n’était pas la première fois que ce genre de chose se passait. Mais j’étais paniqué. Anormal. La fille à ma gauche, était encore là. Je me forçai à sourire, tout comme je me forçai à engager avec elle la discussion. On se reverra demain soir, au restaurant.

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Publié dans Journaux intimes

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G
Peu commun, mais j'aime beaucoup. Je le trouve très bien écrit :)
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