Journal d'un vivant en passe de ne plus l'être

Publié le par Lukaleo

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       Qui est où suis-je ? Pourquoi donc dois-je vivre et mourir dans ce monde plein de bruit et de fureur, ou le plaisir n’est que passager, où la souffrance est la seule chose qui vous appartient vraiment ? Je n’en peux plus. Je suis malheureux, trop. Je ne ressent en mon âme qu’une terrifiant et misérable souffrance : c’est comme un poids que j’ai dans le ventre, qui aspire en moi, comme un trou noir, le moindre sourire, le moindre instant de bonheur, la plus petite once insignifiante du moindre doute de la plus infime félicité. Pourquoi continuer à vivre ici ? Pourquoi continuer à forcer ainsi, sans fin, forcer, forcer, sans ne jamais m’arrêter ? Pourquoi poursuivre cette vie sans sens que je sais sans espoir, pourquoi me contraindre jusqu’à la fin à côtoyer tous ces individus minables vociférant leurs basses ignominies, endoctrinés qu’ils sont par les médias graveleux, ignoblement droguées à la connerie épaisses que l’on resserve aux masses dévergondées de ce monde en décrépitude qui n’a pour seule vague espoir de s’en sortir plus joliment qu’une guerre atomique qui exterminerait les neufs dixième de l’humanité ?

      Je suis lassé, tout autour de moi sent la crasse et la défection morale et intellectuelle, je ne vois que misère et moquerie, je ne vois que le mensonge et la cachotterie, je ne puis continuer un instant de plus à pourrir comme les autres dans cette société nauséabonde où je ne sens en mon pauvre petit corps perdu que les signes prochains d’une mort atroce, et d’une fin de vie qui le sera tout autant. Je me sens comme dans une tombe, mon appartement est comme un cercueil parmi d’autre, le monde n’est qu’une immense fosse commune, je souffre de voir l’humanité à laquelle j’appartiens en si piteux état, et je souffre au fond de moi, au plus profond de ma gaude intime et malade.

       Je n’ai plus de plaisir à voir, car je ne vois que merde infâme, je n’ai plus de plaisir à sentir, car je ne sens que fanges vaseuses, je n’ai plus de plaisir à toucher car je ne touche que d’énormes étrons puants, je n’ai plus de plaisir à entendre, car je n’entends qu’insultes bourbeuses et flatulences bruyantes. Alors bon sang, je crois que je vais en finir une bonne fois pour toutes, tiens, voilà, je prends un pistolet, bon dieu, je le met contre ma tempe suante, allez, sacré nom d’un chien, je vais tirez, ah ! je vais tirez, vous dis-je je vais le faire bordel de merde de saloperie de cul de canard à la con ! Oh ! J’appuie de plus en plus, la balle va partir et ma cervelle minable va exploser en salissant les quatre murs de mes chiottes minables où j’écris ces lignes putrides…….Oh ! C’est un miracle ! Elle est sortit ! Bordel ! Deux semaines que je l’attendais ! Le plus belle étron mon existence ! Il doit faire au moins trois kilos ! Mon dieu, mais…je me sens….je renais….je suis léger, je suis guéri ! Oui ! Merci mon dieu ! Merci…Mais….Non ! Bordel…non ne me dites pas que…Oh ! Souffrance….ô malheur…..ô solitude…..mon pistolet…vite sur ma tempe…..il faut que…je tire….c’est aussi bien comme ça…..bordel…..plus.........de..........Papier-cul……décidément…..le.......bonheur….c’est…...bien....... ...du…. .chagrin……..
qui…..se..repose…… 
..Adieu…..

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Publié dans Journaux intimes

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