Voleur-homosexuel, et l'erreur devint jaune
Grandi par sa carrure, Yves Roulonvitou pouvait s’attendre à tout sauf à ce qui lui arriva. Voilà pas moins de deux semaines qu’il avait décidé de changer de voiture, de maison et de femme. Ainsi, enfermé dans sa décision, il trouvait rapidement une voiture neuve, une maison neuve et une femme neuve. Tout se profilait donc pour le mieux en ce qui concernait, ce qu’on pourrait appeler, sa nouvelle vie. Car Yves Roulonvitou était satisfait par sa nouvelle voiture, par sa nouvelle maison et par sa nouvelle femme, ce qui n’est pas de coutume, vous en conviendrez.
Un soir, l’homme rentrait dans sa nouvelle voiture, dans sa nouvelle maison et dans sa nouvelle femme (mais sans sa nouvelle voiture). Le couple s’endormait lorsqu’un bruit peu ordinaire se fit entendre depuis quelque part dans la maison. Réveillé par la sonorité suspecte, Yves Roulonvitou, complètement nu, s’en alla voir si tout allait pour le mieux. Mais soudain, stupeur fut sienne et effarement fut notre ; il entendait le bruit du moteur de sa nouvelle bagnole ! « Bordel de moi même ! » se disait-il, se précipitant dans le garage de sa nouvelle maison. Mais vous l’aurez compris, la nouvelle voiture n’était déjà plus là. « Bordel de moi même ! » s’exclamait à nouveau Yves Roulonvitou, qui lui, ne s’attendait pas à ça (faut quand même être con !)
La journée suivante débutait mal, ce qui est bien normal me direz-vous. Mais Yves ne se laissait pas abattre et du se résoudre à reprendre son ancienne voiture. Une nuit plus tard, Yves Roulonvitou cru entendre un nouveau bruit suspect. « Mais enfin, c’est pas vrai ! » Les bruits se firent beaucoup plus bruyants. Yves s'hâtait donc d’aller voir ce qui s’passait dans ce putain de garage. « Ouf ! Elle est encore là ! » se rassura-t-il à la vue de son ancienne voiture. Mais le lendemain matin, il s’aperçut, que le toit de sa maison avait disparu. « Bordel de moi-même ! » beuglait-il. Vu de plus loin, il constata, non sans effroi, que c’était sa nouvelle maison toute entière qui avait disparu, où plutôt, qu’on avait volé ! Aussi, à cet instant, il se souvenait de ces fameux bruits nocturnes qu’il rapprochait du vol présent (pas con n’empêche.)
Mais finalement, il reprit son ancienne maison car l’idée de dormir dehors l’aurait sans nul doute empêché de dormir. La nuit qui fit place ne s’annonça pas moins glorieuse. Cette fois-ci, Yves Roulonvitou n’entendit rien, pas le moindre bruit suspect, le néant. Comble de malheur, à l’aube, il se rendit compte que sa nouvelle femme avait disparu. « Bordel de moi-même ! » répétait-il. Il conclu qu’on lui l’avait sans doute volé.
Avec son ancienne voiture, il allait alors chercher son ancienne femme et la rapporta à son ancienne maison. « Et ta nouvelle voiture, et ta nouvelle maison, et ta nouvelle femme ? » interrogeait son ancienne femme. « Volées ! » répondait-il. Comme la fatigue les gagnait, ils décidaient de dormir pendant la nuit, comme avant.
Lorsque son ancienne femme se réveilla, elle eut la stupeur de constater que son mari n’était plus dans le lit. Et à la place de ça, qu’est-ce qu’y avait ? Une femme ! Cette femme qui avait été la nouvelle de Yves, celle qu’on lui avait volé il y a pas deux nuits, elle était là, dans le lit conjugal, de retour !
Epilogue : Le voleur-homosexuel est peut-être homosexuel, mais il ne voit pas trop bien la nuit.