Les Carnets du dictateur, sixièmes préludes

Publié le par Lukaleo



16 de août

          Pas plus tard que la nuit dernière, je me suis amusé à ne pas dormir afin de jouir de mon statut de dictateur (car je fais ce que je veux !). Ainsi, à l’aube de cette nuit blanche, je me confectionnai un petit programme aux vertus divertissantes. Tout commençait par un bon et généreux festin auquel j’avais eu l’idée lumineuse d’ajouter une note musicale apportée par un groupe de je ne sais quel genre étant donné mon désintérêt profond pour tout ce qui ressemble à un langage que je ne comprends pas à base de notes et de paroles encore plus pitoyables qu’incompréhensibles, mais qui au fond, m’amusait à la hauteur de mes attentes.

Pour mon dessert, j’avais choisis une coupe de glace essentiellement à base de vanille, de fraise et de citron, eux-mêmes plongés et surnageant dans un océan de chantilly et de coulis aux fruits rouges d’une jouissive délectation. Hélas, j’avais bien trop abusé de la salade verte en entrée, pour que mon dessert trouve encore une place dans mon estomac par lui-même confiné, je ne mangeais donc rien de cela. Je décidais alors de passer à la seconde phase de mon programme que je gardais secret à mon entourage dont je ne cesserais de qualifier d’inhumain et qui m’est d’ailleurs plus étranger que ma femme qui est pourtant brésilienne.

« Qu’on me laisse tranquille jusqu’à que je vous dises de revenir, enfin que je vous appelle pour que vous reveniez enfin que… » demandais-je maladroitement car je n’avais pas encore assez bu d’eau-de-vie et de tords boyaux pour sombrer dans l’aisance éthylique. Mais le message passa outre mesure. Seul face à mon destin, tandis que j’allumais l’écran télévisuel, je ne pouvais m’empêcher de songer à la troisième phase que je regrettais de ne pas avoir placé en second. C’est vrai quoi, me dis-je, après tout ça aurait été mieux pour regarder le film après – j’insérais Le gendarme et les gendarmettes dans la fente du lecteur DVD – j’ai fait le con là, merde !

Une demi-heure était à peine passer que, n’en pouvant plus, et ne comprenant d’ailleurs rien à l’histoire, je prenais la décision courageuse d’inverser la phase trois avec la seconde que j’aurais du mettre après la troisième, ayant mis cette dernière avant la seconde, soit à sa place. Bref, m’étant moi-même compris je fis appeler Samantha. La petite et son cul furibond ne me fit point regretter mon choix. A peine avait-elle pénétrée dans ma chambre que je fis de même dans la sienne, tout le reste est littérature.

Lorsque je regardais mon programme personnel, je notais qu’il aurait du être, selon mes calculs avancés, 11h32. Levant les yeux sur ma pendule, je lus 10h54. Merde, me dis-je, j’ai été beaucoup trop vite ! Je rappelais Samantha qui eut la politesse de revenir. Toutefois ses formes existantes ne me disaient plus trop. Ben merde, pensais-je. Faut dire aussi qu’elle venait de m’avouer sa séropositivité. Finalement je me la retapais, un peu à contre cœur, mais bon, il fallait bien passer le temps.

Après une large demie heure de stupre et de fornication, les 11h32 se précisaient. A peu prêt à ce moment précis, je me rappelais que je n’avais pas fini de visionner cette connerie de gendarmes et de gendarmettes. Face à mon manque d’attention,  je convins avec moi-même qu’il serait judicieux de faire revenir Samantha. Rapidement, on m’annonça qu’elle venait juste de mourir. Un jeune stagiaire incompétent, Nicolas qui s’appelait (un vrai con !), me précisait que je venais de la rater de cinq minutes. J’avais vraiment pas de veine, nom de dieu ! Je reprenais cependant mon programme pour connaître la suite de ma nuit : « 5- Demandez la main de Samantha après lui avoir joué la Sonate au clair de lune de Beethoven histoire de la faire pleurer pour mieux la consoler après et plus si affinités. » Je conçus que cela n’était plus envisageable.

Mon programme déchu, support de tant de bonheurs devenus poussières et escarbilles brûlait sous mes yeux usés, assoiffés de repos. Devant ma cheminée qui me gardait éveillé, je songeais à tous ces cons qui pullulent dans Mon bunker. Je remarquais que ce con de Nicolas m’épiait par la serrure de la porte. « Nicolas ! » dis-je en simulant un besoin. « Oui monsieur» son air de lèche botte m’énervait déjà. « Foutez-vous à poil et vite ! » « Mais… » « Ne discutez pas ! » Il s’exécuta avec navrante complaisance. Une fois nu, je le fis mettre à quatre pattes après quoi je le pris par derrière. Virant au pâle, me croyant fou, suant de toutes parts, il prononça d’une voix tremblante au rythme des secousses : « Mais qu’est-ce qui vous prend…vous….je…….je suis qu’un stagiaire » Mais je le rassurais : "Plus pour longtemps !" Il se tut.

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L
Tu vas me faire pleurer de rire!
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