Les Carnets du dictateur, cinquièmes préludes

Publié le par Lukaleo

Roy-Lichtenstein-1961---LOOK-MICKEY---Oil-on-canvas--122-x-175-cm-.jpg



11 de août

Je n’arrive plus à dormir, je sais pas pourquoi, mais alors, ça me tracasse un peu, surtout que mes journées ne sont pourtant pas harassantes, quoique je suis tout de même débordé. Ce matin, j’ai assisté à une sorte de réunion concernant un projet d’extermination, encore un truc qui va nuire à notre réputation, mais bon, que voulez-vous cher journal, j’ai tellement de conseillers que c’est même plus moi qui prends une seule décision dans ce bunker. On était autour d’une table, j’étais en bout, et on m’a diffusé une sorte de film sur le mur, mais par contre, il n’y avait pas de mouvement, en fait, c’était des photos qui défilaient. J’ai suivi un peu le début, et puis ça m’a fait chier alors je suis aller fumer une clope dehors  - ces cons là ne supportent plus l’odeur du tabac ! -  où j’ai manqué me prendre une balle dans la tête. En y repensant, je crois que je ne suis plus trop au courant de tout ce qui se passe dans ce pays.

Lorsque j’ai voulu bouffer, on m’a fait savoir que le cuisinier venait d’être fusillé car il voulait se suicider, « On a pensé que si il se suicidait, il ne pourrait plus faire à manger. » me dit un petit homme peu esthétique. Je le félicitais pour sa présence d’esprit et l’invitait à vite me préparer quelque chose à bouffer sous peine d’une sanction qu’il ne pourrait regretter car il ne serait plus là. A cet instant, je ne puis m’empêcher de m’émouvoir quant au sort de mon regretté cuisinier qui avait été honteusement fusiller. Car en effet, à l’heure où j’écris ces lignes, je crois me souvenir que c’est ma sœur qui me l’a envoyé au début du mois dernier pour un job d’été de cuisinier qui lui aurait permis de financer ses études. Je me sens mal, je crois que vais poser la plume, je sens que je vais m’effondrer, je croule sous la douleur et la consternation, bon, ce que je vais faire, c’est que je vais faire tuer ma sœur, moi j’l’aime bien ma sœur et puis je veux pas lui faire peine. Je reviens.

Ça y’est, je viens de donner l’ordre, ça faisait longtemps d’ailleurs, que j’avais pas donner d’ordre. Parait-il que ça va être rapide, on verra bien, moi j’suis pas pressé de toute façon. En attendant, je décide d’appeler mon nouveau cuisinier, qui, autant idiot et peu cuisinier soit-il, me fait u reste de bons plats, ce qui n’est d’ailleurs pas si mal pour lui. Je le vois arriver en pleurs, « Qu’est-ce que vous avez ? Vous regrettez votre geste terrifiant d’idiotie ? » il n’avait pas l’air de comprendre que le fait de tuer mon neveu et, à fortiori, mon cuisinier d’une manière totalement dénuée d’intelligence, m’était peu agréable. « Tonton, ma mère est morte ! » me dit-il. « Ah bon ? Ben merde,….mais…..c’est…..enfin…….tu es mon neveu ?.......Ah bon…….mais……l’autre…alors……c’était pas mon neveu alors…l’autre…..…ben merde…..…..… » Mon sang se glaçait, je ne savais plus quoi dire, j’esquissais pourtant un léger sourire forcé histoire de détendre l’atmosphère. « Hum hum…..ils sont rapides n’empêche ! »

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Oh pauvre cuisinier... quel auteur cruel! lol Mais il faut avouer que sa fin (surtout l'argument qui la justifie) est assez cocasse! lol
Répondre