Tapes m'en Cinq !
Attention, ne vous y trompez pas ! L'histoire de l'humanité, si elle n'est qu'un poil d'auriculaire à l'échelle du monde, n'en est pas moins très longue. Et les références que l'on peut faire de certains éléments de notre brillante civilisation prêtent parfois à confusions, notamment lorsqu'un lien social se tissent entre deux individus, qui s'ils ne sont pas intelligents, sont particulièrement cultivés. Il s'agit de Lucien, mécanicien à le poste de Fleury-morignolles, petit village de Corrèze, et de Raymond, dernier ferblantier de France, en activité à Fleury-Morignolles, petit village de Corrèze, qui en plus de sa célèbre poste, est le dernier à posséder un ferblantier, qui est lui-même, pour l'anecdote, le dernier de France, et qui par ailleurs, s'appelle Raymond. Allant travailler, ils se rencontrèrent sur leurs chemins, où ils se mirent à parler de choses et d'autres, et cela en voyant tout d'abord rouler une voiture à une vitesse que même les chevaux d'Éole n'auraient pas oser prendre dans un tel virage, c'est dire.
Outré, Lucien, mécanicien de son état, estima avec snobisme que, vu les circonstances, elle devrait être en seconde, alors que le conducteur venait certainement de passer la cinquième ! Abasourdi par ces propos, Raymond, ferblantier de son état, mais qui avait de bonnes bases en automobile, s'exclama « Mais enfin, nous y sommes déjà ! » ; ceux à quoi son interloqué interlocuteur répondit qu'il ne comprenait pas ce que son contradicteur, dernier ferblantier de France, pouvait bien vouloir lui dire ! Ce dernier, répondit, avec tout le bon sens qui le caractérisait que « nous étions sous la cinquième depuis longtemps, et que nous passions même insidieusement à la sixième ! » Le mécano répondit qu'il n'avait jamais vu de voiture avec six vitesses ! Dès lors, Raymond eu aussi du mal à comprendre ce que tentait de lui dire son allocutaire : « attends, quand tu dis la cinquième, de quoi tu parles ? »
L'autre répondit, qu'il parlait des vitesses d'une voiture « et non pas des chaînes de télé, comme tu sembles le croire ! » Réplique mystérieuse qu'on aurait dit tout droit sortie de la cinquième dimension, à laquelle, Raymond, dernier ferblantier de France, répondit, qu'il ne parlait pas des chaînes de télé quand il parlait de passer la sixième, puisque de toutes façons, « la cinquième n'existe plus ! » Lucien s'en étonna, « comment y'a plus de cinquième ? Moi quand je zappe sur la cinq, y'a bien des programmes ! » Riant, Raymond répondit avec jovialité : «Mais mon petit Lucien, on voit que t'as redoublé en cinquième, car ça c'est ce qu'on te fait croire ! Mais en fait la cinquième, y'a longtemps qu'elle existe plus ! Depuis que Chirac est volontairement partit de Matignon en 1976 ! » Lucien répondit que Chirac n'avait rien à voir avec la cinquième ! Raymond reconnut que son ami et compatriote n'avait pas tort « c'est vrai que c'est plus à de Gaulle qu'on la doit ! » Lucien répondit que c'était faux, car on devait la cinquième non pas au Général, mais plutôt à Jean-Claude Bourret ! S'esclaffant bruyamment, Raymond rétorqua l'un de ces laïus dont son mythique sens de la répartie avait le secret : « C'est ça, et pourquoi pas Beethoven tant qu'on y est !? »
C'est la dessus que nos deux acolytes se quittèrent, s'en était fini, il ne s'entendait plus comme les cinq doigts de la main ! 5, 4, 3, 2, 1, 0....