Précoce épitaphe

Publié le par Lukaleo

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     Nul ne peut dire comment il va mourir trente-huit ans avant sa mort. Sauf Jean-Paul Matrinius, car comme il le dit lui-même, « je sais comment je vais mourir, alors que je suis trente-huit ans avant ma mort ! » Car en plus de savoir comment il allait mourir, il savait aussi qu'il ne lui restait que trente-huit ans à vivre ! Or, lorsque vous savez le lieu, la manière et le moment de votre mort, vous en savez beaucoup, et ça, Jean-Paul Matrinus le sait aussi.

    Nul doute qu'un tel savoir fait des jaloux ; jalousies qui elles-même suscitent de bien malheureuses suspicions : certains disent avec véhémence qu'il ne sait rien du tout, ni le jour de sa mort, ni la manière de celle-ci. « Ce ne sont là que de vaines divagations issues de l'impotent cerveau de cet individu tristement atteint d'une mytoman envahissante ! » disent certains, aux comptoirs des bars ou aux recoins des trottoirs. Cependant, ces ragots, aussi condamnables sont-ils, sont bien légitimes ! Car en effet savez-vous seulement comment vous allez mourir dans trente-huit ans ? Non ! Et cela d'autant plus que rien ne prouve que vous allez mourir dans trente-huit ans !

     Nul ou génial, Jean-Paul Matrinius fait parler de lui, ce qui fait dire à certain que ce n'était que son objectif. Et quand on lui demande comment il va mourir, il répond avec calme « vous verrez bien ! », réponse qui laisse croire qu'il va falloir attendre trente-huit ans avant de savoir comment il allait mourir. Ce détails aussi insignifiant soit-il, n'en est pas moins fort embêtant, car en effet, s'il meurt dans trente-huit ans, certes il sera mort, et forcément d'une certaine façon! Mais là où le bas blesse, c'est que cette façon, Jean-Paul Matriniu pouvait ne pas la connaître, ce que ne manquerons pas de rappelez ses détracteurs ! En même temps, ils faut les comprendre : il est facile de dire que l'on sait comment l'on va mourir dans trente-huit ans, et parallèlement, de pas la dire ! Et c'est précisément ce que fait Jean-Paul Matrinius.

     Nul en tout cas est le match entre Jean-Paul Matrinius et ceux qui conteste son indicible savoir : tout de même, savoir comment on va mourir, ça fait peur dans un sens, et puis en même temps c'est rassurant ! Parce que comme ça, vous pouvez vous jetez sous un train, si vous n'êtes pas le jour de votre mort, vous savez que ne mourrez pas ! Et c'et bien ce que c'est dit notre ami, et d'ailleurs, il est aujourd'hui même à l'hôpital.

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Publié dans Nouvelles enivrées

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