Le plancton des fruits en fleur
Jacques Dranirpinte arpentait une vieille route dépravée, désertée et désertique, boueuse et accidentée, survolée par les hurlements stridents et terrifiants d’immondes vautours assoiffés de cadavres exquis ; des vociférations qui pénétraient les oreilles et s’y installaient, formant un tapage insupportable qui résonnait dans le crâne disloqué de Jacques Dranirpinte, dont la simple évocation me soulève le cœur. Exténué par tant de souffrance et par la marche qu’il avait entreprise depuis des kilomètres, dont la moitié passée dans d'abjectes tourbières nauséeuses, et l’autre, entre des marais fétides et méphitiques qui énonçaient à eux seuls le paysage apocalyptique sur lequel notre héros progressait, tremblotant de sueur et de relents pestilentiels point formidables, il clopinait dans une nuit à l’horrifiante laideur destinée à donner à ce texte une atmosphère plus angoissante.
Tandis qu’une vieille barque déchue à demi ensevelit par l’eau paraplégique d’un lac immobile, celui-ci ne délivrant d’ailleurs pas l’infime phonème d’une dérisoire secousse hydraulique, se dressait impitoyablement à la droite de notre héros qui chancelait de panique, s’élevait au loin, derrière une fumée âpre et de souffreteuses fumerolles rosées de rugosité, une immense battisse noire qui était en réalité celle d’un monstrueux château dont l’objectif est d’affubler ce texte d’un climat de grande terreur.
Arrivée devant la porte de l’édifice, qui couvrait une grande partie de la façade de celui-ci, une surprise de taille vint se dessiner face à Jacques Dranirpinte, ensevelit de détresse; la porte susdécrite s’ouvrit toute seule ! Ainsi, il entra dans une pièce immense et très haute, dans la mesure où le ciel servait de toit ; car en réalité, il s’agissait d’un château en ruine, ce qui permet ainsi d’habiller ce texte d’un grand effroi.
Il fit quelque pas afin de faire un peu d’écho, et pour transmettre ainsi à ce texte un semblant d’inquiétude.
Après un certain temps, Jacques Dranirpinte parvenait face à deux escaliers : l’un partait à droite, l’autre à gauche. Lequel prendre ?! Face à l’indécision qui le hantait, il décidait de prendre un temps de réflexion qu’il jugeait nécessaire. Quelques jours plus tard, son cœur lui dit d’emprunter l’escalier de droite. Il prit celui de gauche ; son cœur lui dit toujours le contraire de ce qu’il doit faire. Arrivé en haut, il se rendit compte que les deux escaliers se rejoignaient en fait au même endroit. Il fit semblant de ne pas s’en apercevoir et poursuivit sa quête dans un long couloir de plancher qui ne cessait de grincer même quand personne n’y passait dessus ; quoi de pire pour énerver les voisins ?! Enfin au bout, Jacques Dranirpinte constatait, consterné, qu’il n’y avait rien à voir ; qu’il s’était engouffré dans une sorte de cul-de-sac. Feignant de ne pas s’en être rendu compte, il revenait sur ses pas et empruntait un autre chenal garni de toiles d’araignées destinées à faire part à ce texte de davantage de répugnance.
Une porte se dressait là. Une grande porte marron et vermoulue dont la poignée semblait avoir subit la tyrannie du temps. Il s’en saisit. A cet instant, il sentit les battements de son pou s’intensifier et les couilles de sa bite se durcirent. Et puis, il ouvrit la porte ! Face à lui, se présentait fièrement le terrible Comte de Harbalde, mort il y a 2000 ans sur la croix et dont la simple évocation m’immobilise d'infortune. Surnommé l’équarisseur de Pignon-les-Bains, l’abominable Comte à la figure pâle et aux yeux d’un rouge sanguin, perdit soudainement le sens de la mise en scène en se voyant confronté à une terrible quinte de toux qui résonne encore à mes oreilles corrompues. Expectorant dans toute sa splendeur, le terrible Comte devenait un misérable vieillard sénile résistant tant bien que mal à la lourdeur de l’âge et au poids de la maladie. N’en pouvant plus de souffrance, porté à l'agonie, il parvint toutefois à lâcher ces quelque mots : « Fffffff…..fermez la porte…….y……y fait courant d’air…rrrrrrrrr… » destinés à offrir à ce texte une fin qui laisse pantois !