L'écume des fours

Jean-eudes Eude est comme qui dirait un artiste. Mais attention, pas n’importe quel artiste : il ne s’agit pas d’un imbécile frisé qui n’a d’artiste que l’apparence, un peu comme tout ces jeunes cons barbus aux cheveux terreux et ridiculement habillé qui manifestent au côté des associations alter mondialiste en dessinant de grandes fresque pourrîtes torchées à la queue de vache, en écrivant des scénarios chiants comme tout, en composant des chansons d’une inqualifiable banalité et dénudées de toute poésie ou en sculptant de grandes insanité matérielles et dont personne ne comprend le sens.
Non, Jean-eudes Eude est un véritable artiste, et scénariste de surcroît : un mec qui ne fait ni plus ni moins que créer, et qui ne s’embarrasse d’aucune autre contrainte terrestre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Jean-eudes Eude, questions création, il en connaît un rayon ! Tenez, juste comme ça, pour vous dire, le gars, son dernier scénario, vous s’avez ce qu’il est allé imaginer, le gars ? Il avait envie de faire un truc sur Hitler, et il ne sait pas dégonfler : il est allé écrire un scénario sur les derniers jours du führer dans son bunker. Bon, ben on lui a dit que ça avait déjà été fait avant mais enfin quand même, costaud le gars !
Un autre truc, vous allez voir c’est dément : il est allé imaginer que les hommes trouvaient le moyen de faire renaître les dinosaures et que, hop, au milieu d’un île, il les refaisaient vivre et qu’avec, ils montaient un parc d’attraction ! C’est génial, non ? Bon alors peut-être que ça avait déjà été fait mais enfin bon, génial quand même !
Et alors, tiens encore une de ces idées de génie dont Jean-eudes Eude garde le secret : il s’est dit que d’un point de vue comique, ce serait génial de montrer deux types du Moyen-Âge au 20ème siècle ! Et c’est qu’on en rigole d’avance, quelle idée quand même. Bon alors, l’était un peu déçu quand on lui a dit que ça avait déjà été fait, d’autant plus qu’à chaque fois c’est la même histoire ; il a beau inventer tout et n’importe quoi, y’a toujours un con qui a déjà eut l’idée avant lui ! Et même quand il invente les truc les plus bizarres : ce type vachement riche qui prononce un mot mystérieux sur son lit de mort et qu’un inconnu journaliste décide de comprendre, déjà fait ! Ce groupe de jeunes individus fans de Beethoven qui parle une langue étrange et qui pratique l’ultra violence avant que l’un d’eux ne subisse un traitement révolutionnaire qui le dégoûte de la férocité, c’est quand même pas une idée à la portée de tout le monde ! Pensez-vous : déjà fait !
Et cette idée magnifique de montrer les rapports entre le trop génial Mozart et le pauvre talentueux Salieri, fallait quand même la trouver ! Ben oui, mais c’était déjà fait. Qu’est ce qu’il était heureux quand il a eu l’idée de ce couple amoureux au bord du Titanic, et qu’est ce qu’il était malheureux quand il sut qu’un canadien avait déjà exploité le filon. Et même quand il se fait moins chier en adaptant juste un livre ou un vieux film, comme ce qu’il a fait récemment avec un scénario remake de King Kong, ça ne passe pas !
On peut le dire, faut vraiment ne pas avoir de bol pour que tout ce qu’on imagine existe déjà ! Que ça arrive une fois ou deux, à la limite, je dis pas, mais à chaque fois, non, c’est trop. Alors Jean-eudes à décider de terminer sa vie et sa carrière en beauté avec un suicide admirable que personne n’avait jamais fait avant ! Réalisant son propre film (un magnifique film de guerre sur le conflit du Vietnam où il avait d’ailleurs eu l’idée ingénieuse de filmer une scène de bombardement d’hélicoptère avec la chevauché des walkyries de Wagner), il alla à la première mondiale du film et se força à prendre un arrêt cardiaque pendant la projection de son oeuvre. Hélas pour lui, l’idée avait déjà été prise par Boris Vian…