Christophe Point, factotum della città (Chant IV)

Publié le par Jovialovitch


 

3.


     Une pluie de note tombait, et avec le soleil qui scintillait, cela formait un arc-en ciel dans le cœur d'Aïdigalayou. L'ivresse touchait les deux hommes, le soleil rayonnait dans des rayons sublimes, la musique céleste de Christophe Point déchirait le cœur d'Aïdigalayou ; un duo s'engagea dans la ville qui n'avait plus pour cœur que ces chants divins qui se répandaient sur elle, comme une couverture dorée insufflant chaleur et joie, même les cloches de l'église étaient étouffées par tant de puissance et de félicité ; la musique, elle résonnait magistralement, le vent était essoufflé par un air aussi enjoué, la joie était tressautante, les deux cœurs se perdaient dans l'azur bleu, les deux corps, acrobatiques, ils ne pouvaient résister à l'intensité de la musique, miel, vin, allégresse intrépide qui s'abattait sur leurs oreilles abasourdies par tant de bruit, d'exaltation, de fureur, d'effusion ! Ils ralentirent, mais voilà que la musique reprenait de plus belle, ils étaient à nouveau emportés dans une cavalcade sans nom, incontrôlable, ils tournoyaient comme des damnées, mais c'était le ravissement qu'on voyait sur leurs lèvres, dans leur rire, dans leurs larmes. Le cœur battant, Aïdigalayou demanda où il pourrait retrouver Christophe Point, quand il rentrerait, de son épopée, dans si longtemps, dans des années, dans un siècle, dans des millénaires, dans l'éternité, et celui-ci répondit dans sa frénésie :


« Numero quindici a mano manca, quattro gradini, facciata bianca, cinque parrucche nella vetrina, sopra un cartello « Pomata fina », mostra in azzuro alla moderna, v'è per insegna una lanterna...Là senza fallo mi troverà. »

[Numéro quinze, à gauche, quatre marches, façade blanche, cinq perruques dans la vitrine, et au-dessus, une pancarte : « Pommade fine » , lettres azur dans le style moderne, et pour enseigne, une lanterne...Là, vous serez sûr de me trouver.]


     « J'ai bien compris, répondit Aïdigalayou qui pleurait de bonheur ! » « Maintenant hâtez-vous, lançait Christophe Point ! » Un vent puissant les habitait, un vent inhabituel, inconnu, délicieux, il les agitait inconsidérément, irrémissiblement ; le duo devenait une voix si mélodieuse que la nature leur appartenait, toutes les choses étaient leurs, ils se sentaient au-dessus de tout, comment pouvait s'arrêter un tel chant ?! Ils s'embrasaient au son d'une si insolite, d'une si incroyable force chantante ; la force croissait à mesure, ils se retrouvaient sur le Pic de la Gaudriole, oui, impossible qu'il en fut autrement, quelle ascension ! Qu'elle sublime ascension ! « J'ai bien compris ! J'ai compris ! j'ai bien compris ! proclamait Aïdigalayou s'éloignant ; la musique de Christophe Point s'atténuait et dans le ciel, l'ombre approchait. On entendait résonner comme la dernière voix capable encore de parler dans ce monde endormi, dans ces vallées de ténèbres ; une voix limpide, une voix claire, une voix joviale, une voix grandiose qui annonçait au son même de sa teinte, le bouleversement, l'ébranlement, la destruction ! Une voix limpide, une voix claire, une voix joviale, une voix grandiose, celle d'Aïdigalayou ! Celle d'Aïdigalayou ! Celle d'Aïdigalayou....

Publicité

Publié dans Carpatisme(s)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article