Journal d'un hédoniste

J'ai écrit tout le matin, depuis cinq heure au moins ; puis j'ai mangé et ensuite, comme l'après-midi arrivait, je ne sus trop quoi faire, ainsi, après une petite sieste d'une heure et demie, j'ai allumé la télévision que j'ai regardé, étendu au soleil ; comme la journée allait sur sa fin, je me suis remis à écrire mais je n'ai quasiment rien produit car je me sentais un peu fatigué ; un état d'impuissance s'était emparé de moi alors je ne fis que gribouiller sur ma feuille dans une sorte de délassement sur lequel je ne parvins point à prendre le dessus. Mais j'étais bien ; et ensuite j'ai mangé, et puis j'ai écouté de la musique, et enfin j'ai lu. D'habitude, moi qui prône l'hédonisme, je me délecte à écouter de la musique l'après-midi (j'ai été vraiment passionné pat Liszt, mais maintenant j'écoute beaucoup du Philip Glass, un minimaliste qui fait une musique assez répétitive ; je suis assez attiré par la musique classique et j'aime énormément lire, je suis un véritable fan, vraiment passionné de lecture et de musique et je pourrais en parler des heures) voilà mon plaisir ; seulement, aujourd'hui, je n'en ai guère eu envi. Alors, comme je suis un hédoniste, j'ai pris plaisir à me reposer, face au soleil qui me chauffait si agréablement la peau.
Je suis un peu mélancolique ce soir, car je crois qu'il me manque une présence féminine. Et comme je suis un hédoniste, je pourrais bien m'offrir à la déraison sexuelle et au blasphème charnel. Mais enfin il me reste mon imagination pour songer et puis, comme je défend l'hédonisme, je puis bien me livrer à la pernicieuse habitude de l'onanisme, qui ne rend certainement pas sourd (quoique n'ai-je point entendu parler quelqu'un depuis quelques jours). Bref, je ne vais pas me morfondre dans l'ascétisme ou dans la morale, dans le kantisme ! Car moi, hédoniste, j'aime exister. J'ai plaisir infini à être. Et je ne cesse de critiquer le romantisme et toute la calomnie que ces gens, au même titre que les chrétiens imbéciles, ont développé depuis Jésus Christ, qui a été d'ailleurs inventé. Moi j'affirme l'existence ! Je ne refuse jamais me condition humaine, car oui, je suis hédoniste !
Je trouve le plaisir dans chaque chose. Dans tout ce que j'ai pu faire aujourd'hui, j'ai ressentis un bonheur fou. Lorsque par exemple mon réveil à sonné, à cinq heure ; je me suis dis, chouette ! c'est le matin d'une nouvelle belle et bonne journée qui commence ! Lorsque je me suis habillé, j'ai pensé : quelle chance d'avoir un pantalon qui me sied de la sorte. Et alors, quand je me suis mis à mon bureau, ma satisfaction était insondable ; je vais jouir de ce savoureux délassement qu'est de se livrer à l'art d'écrire. Et même si j'étais pas tout à fait satisfait, je me suis dit, « et alors ? Ne suis-je pas heureux d'exister ?! » Quand je me suis préparer un œuf au plat, et parce que je loue l'hédonisme, je n'ai faisais que me répéter à moi-même : « qu'est-ce que je suis bien, là, devant ma poil, à faire cuire mon œuf, cet œuf qui crépite dans mon beurre noirci et qui par moment, fuse en petites gouttelettes brulantes par-delà ma poile dont il est si délicieux de maintenir le manche avec fermeté et avec lequel je pourrais verser, bientôt, dans une béatitude souveraine, mon œuf dans mon assiette jaune clair que ma mère m'a offert pour mes vingt ans et que depuis je ne fais plus qu'utiliser. »
Moi, j'ai jamais aimé la foule, le monde, tout ça ; je préfère rester chez moi à regarder la télé ou à lire paisiblement ; je ne cherche qu'à me sentir bien, et cela je le trouve dans la solitude. En tant qu'hédoniste, il y a sans doute des choses que j'aimerais développer un peu, car j'affirme l'existence. J'aimerais bien vivre avec une fille, pour la toucher, lui parler, etc.. Bon, c'est vrai que parfois je peux souffrir de cela, ou bien même, pleurer d'être tout seul comme ça, les soirs avant de m'endormir ; après tout, ce n'est pas facile. et puis, je n'ai pas beaucoup de talent ou peut-être de force pour être totalement un littérateur, ou un philosophe. et aussi, comme je suis un homme pauvre, il y a pas mal de choses dont je suis privé parce que j'ai beaucoup de désirs, moi l'hédoniste. Je ne me prive de rien, je suis pas un ascète, un idéaliste, un kantien. Moi, je ne suis pas contempteur de l'existence, du corps, et toutes ces sortes de choses, moi j'en ai marre des pessimistes, ou des mélancoliques ou de ceux qui sont jamais contents. Moi, je prône l'hédonisme, attention. Je suis hédoniste. J'suis pas un con, moi. Mais j'arrête là, faut que j'aille me coucher.
Et puis sinon je vais rater le train du sommeil.