Journal d'un inverti

Publié le par Jovialovitch


 

     J'aime la virilité, la virilité qui se déploie comme une aura divine inspiré par les dieux et qui s'exprime de manière féroce et débordante dans chaque membre du corps comme en émane ces odeurs embuées et faunesques que seule la nécessité de les apprécier, de les aimer, nous les fait aimer. J'exècre la féminité, et la susceptibilité, et tout ce romantisme pédéraste et calomniateur, qui contamine les relations dont je me veux le plus brillant et magistral chantre magmatique, le plus sérieux et considérable défenseur de ce siècle redonnant ainsi à mon art tout entier tout son éclat et tout le degré d'héroïsme qu'il contient. J'abhorre sentencieusement ce caractère faible, que l'on nomme délicat et attentionné, et qui n'est qu'une vulgarisation appuyée de l'homme doublée d'une absurdité profonde et suréminente, jusqu'à faire adopter les jupettes de leur parangon, les femmes. J'aime la virilité, la virilité dans toute sa gravité, dans toute la patience, dans toute la complexité qu'elle requiert ne serait-ce que pour en façonner le plus infime soubassement ; l'homosexualité est un aboutissement ! il est une sagesse surhumaine qui va au-delà de n'importe quel amour dont chacun ignore en vérité la signification. Au diable le physique et le platonique ! Au diable tout cela ; et il ne s'agit point de renoncement et d'ascétisme, il s'agit simplement, et ce dans toute la noblesse du terme, d'interférences homosexuelles ! Qu'entends-je, cher journal, allez vous me demander à juste raison ? J'y viens.

     Arrêtons la féminisation masculine et toute la libération opaque et dangereuse qui entraîne chaque année une recrudescence de sodomites, mais de faux sodomites ! d'usurpateurs déliquescents qui souillent tout un pan de la dignité de mon art et de mon amour. Je suis le lion et ils sont tous des renards qui se sautent dessus comme n'importe quel couple ordinaire et inachevé. Car oui, je suis le partisan de l'achèvement, de l'amitié la plus profonde qui brise avec une fougue et un tumulte volcanique les bases les plus solides du monde humanisé, les rapports entre les hommes.

     Notre existence est à présent un accomplissement douloureux, une ascension géniale qui peu à peu nous mène vers des virilités réciproques qui s'aime. C'est abolir les frontières entre deux lions, et non entre un lion et une lionne. Et voilà la grande critique du siècle que je fais comme habité d'une mission sacré, tout n'est qu'hétérosexuel, ahah je m'esclaffe devant ces paroles qui nous égratignes l'oreille et qui nous font vomir de tous nos préjugés solennels. Que l'homme qui s'est détaché de tout désir féminin me prenne par derrière ! Quant à l'amalgame puéril et adolescent des courbes relations, qu'il soit banni pour faire place à la puissance des lions qui suivent l'exemple de l'Amiral Nelson, et qui s'aiment non avec tendresse mais dans le paroxysme de la puissance, tel Alexandre qui embrasserait Napoléon, voilà l'alliage de marbre et d'airain qui engage la marche vers la supériorité et la grandeur héroïque de l'homme moderne. Car dès ce jour, n'est plus inverti qui veut ! J'arrête là, j'ai une érection.

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Publié dans Journaux intimes

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