Copain-Copine, Voisin-Voisine

Publié le par Jovialovitch

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      Au palier du deuxième étage d’un immeuble perdu dans la trop grande ville, se faisaient face deux appartements. Il y avait celui de mademoiselle Dupont, une jeune fille d’à peu près 25 ans, toute fameuse d’une beauté poignante et sublime… et puis il y avait celui de monsieur Dupond, la trentaine, célibataire endurci, avec un visage tiraillé par le chagrin. Les deux voisins se voyaient peu, et ne se parlaient que dans le cadre des politesses banales qu’on dit sans s’en rendre compte : bonjour, bonsoir, bon appétit… Un jour, les deux voisins rentrèrent à la même heure du travail. L’une arriva par l’ascenseur, l’autre par l’escalier. En ouvrant chacun leur porte, ils se dirent bonjour, et mademoiselle sourit à monsieur Dupond. Elle devait être de bonne humeur… Monsieur Dupond en fut bouleversé. Rentré chez lui, il ne cessa de penser à ce sourire, si beau, si pure, que personne ne lui avait encore jamais adressé. Mais que voulait-elle lui dire ? Monsieur Dupond, il en était tout retourné. D’ailleurs, il s’empressa de prendre une douche froide. Vers 20 heures, on sonna chez mademoiselle Dupont. Elle alla ouvrir, avec une pinte d’inquiétude bien compréhensible : « Je n’attend pourtant personne ! » Elle regarda silencieusement par le judas. C’était monsieur Dupont, « Il doit avoir besoin de quelque chose » pensa-t-elle gaiement. Elle ouvrit lentement. Pour monsieur Dupond, ce fut un émerveillement sans égal : elle apparaissait derrière la porte, comme un songe, tout doucement, à la lumière vive et céleste d’une ampoule écologique, avec sur le visage serein un mélancolique sourire en coin qui lui souhaitait la bienvenue. Peureusement, monsieur Dupond s’excusa de la déranger à une heure aussi tardive, et prenant son courage à deux mains, il demanda à sa jeune voisine de pallier ce pour quoi il était venu : « Mademoiselle Dupont, sans aucune malveillance de ma part, ni la moindre goujaterie, permettez-moi de vous demander…enfin…voilà…je…Est-ce que vous voudriez pas faire l’amour avec moi ce soir ? » Mademoiselle Dupont, elle répondit rien. Elle resta sans bouger pendant un long moment, et après une éternité qu’on eut dit suspendue, elle murmura d'une voix presque complice : « Entrez » Il entre, toujours aussi timide. Une fois qu’il en furent tous les deux dans son hall, elle referma la porte doucement. « Pourquoi ? », qu’elle lui demanda brusquement. « C’est-à-dire, vous êtes très belle ! Et puis, entre nous, vous êtes toute seule, et puis, moi aussi, alors je me suis dit… » Elle soupira. Il baissa les yeux, ressemblant de plus en plus à un chien battu. « Si vous voulez, je m’en vais » qu’il dit. « Non restez » qu’elle riposta. Alors il resta. « C’est d’accord » qu’elle finit par dire, en le regardant subitement dans le fond des yeux. Il sourit, avec une sorte de tristesse dans les prunelles, comme s’il y croyait pas. « C’est vrai ? » En guise de réponse, elle se dirigea dans le chambre, et il la suivit. Des mots même de madame Martin, la voisine du dessus, ce fut une nuit « torride »…

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Publié dans Nouvelles enivrées

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