La femme et la toge

Publié le par Jovialovitch

            Jean-Pierre avait une haute estime de sa femme. Souvent, il s’adonnait, le soir, au coin du feu, après une longue journée rude et difficile, à une description délicieuse à toutes oreilles averties : « Ô élégiaque beauté, tendresse dionysiaque, pilosité apollinienne, Ô femme d’or et d’airain, Ô aime-moi et je t’aimerai, Ô abhorre-moi et je t’aimerais. »

            C’est en renonçant à son esthétique, qu’il avait décidé de rompre cette dépendance neurophile qui le liait à elle, à son élégiaque beauté, à sa tendresse dionysiaque, à sa pilosité apollinienne. Sous une toge mirifique et blanche, il s’était forgé une grandeur imposante dont les charnels désirs outrepassés de sa stature réfléchissaient dans les plus profondes ondulations vaniteuses de la robe susdécrite. Son obsession n’était pas tant d’en finir avec l’esthétique de sa gonzesse où de se vêtir d’une toge romaine, mais plutôt d’explorer quoi de ces – finalement – deux objets, lui procurait le plus de satisfaction. En vérité, Jean-Pierre avait toujours eu la faiblesse de croire que l’amour était un danger terrible, y compris pour sa vie.

            Il avait donc décidé d’en finir avec celle qu’il aimait et qu’il aime toujours en, suivez bien sa logique cartésienne, la quittant. Grand visionnaire, il avait sans doute anticipé la réaction de sa dulcinée lors de l’annonce qui se voulait terrible. Ce jour-là, le soleil était habilement dissimulé derrière une vaste masse nuageuse qui atténuait d’autant plus son déploiement lumineux que sa composition chimique était riche en vapeur d’eau. Sa femme entra dans la pièce. « Bonjour chérie, ta splendeur matinale suscite en moi le désir profond d’être avec toi. » lui dit-il avec un sentiment contradictoire d’admiration et de gène réciproque. La belle commença à dévoiler sa splendeur contenue sous un élégant pardessus de soie qui retombait en flots phalliques soumis au vent léger d’un air marin. Ecrasé par son tourment navré, Jean-Pierre parvenait pourtant à se fuir des mannes sensibles du chagrin végétatif et de la sournoise apoplexie dont il s’étiolait entamant ainsi sa blafarde et indolente élocution : « Ecoute, il faut que je’te cause Barbara. » Elle mima un semblant d’intérêt, peu préoccupé par ce qui s’en suivait, il reprit : « Ecoute, je….enfin…..il…..je crois que…..je veux qu’on en finisse toi et moi. » « Quel est donc le sens de ses balbutiements entrecoupés d’indécision irrésolues ? Tu veux qu’on baise, c’est ça ? » Sa blemitude s’accentua : « Non……je….je veux qu’on se séparasse, Barbara. » « Quoi ? Tu veux que nous nous séparassions, Jean-Pierre. » « Oui, fait-moi plaisir…….s’il te plait……..sache que je t’aime…..mais….. » Une larme d’incompréhension s’écrasa sur la main de Jean-Pierre qui tenait fébrilement les menottes glacées de sa compagne qui pleurait. « Non, ce n’est pas que je ne veux plus de toi, Barbara, non, ce n’est pas ça ! » S’en était trop, l’adorable poussa un cri strident d’où s’échappait toute une haine et un dégoût retentissant. Son compagnon se vit injurié avant de tomber dans une humiliation délicatement foudroyante. Maladivement pâle, le pauvre homme ne pu supporter autant de pression et la désolation le fit s’évanouir. Lorsqu’il rouvrit ses yeux brûlants, il compris qu’elle n’était plus là. Dans un élan misérable d’effroi et de résignation, il hurla gutturalement : « Mais chérie…….je t’aime ! »

            Depuis qu’elle l’avait quitté, Jean-Pierre était tombé dans l’arrogance de la misanthropie et la haine éprise du narcissisme primaire, alimentant son ineffable dégoût d’alcool et de sépulcrales pensées qu’il dégueulaient en tonnes d’insanités dans les cafés du coin, allant de son commentaire médisant lorsqu’il s’adressait à Maurice où à René entre deux pensées chauvines : « Oh ben Barbara, elle garde encore d’appréciables restes de sa remarquable laideur, eh’ »

            Les mois avaient passés et Jean-Pierre avait retrouvé un équilibre serein. Il repensait à toute cette période de son existence aux cotés de sa femme, ainsi que son départ soudain. Il se souvint alors qu’il en fut le principal responsable. L’ineffable pensée lui traversa l’esprit : « Quel con ! » Et puis il reprit conscience de son geste : « Oui, c’est moi qui est voulue qu’elle parte malgré que je l’aime encore ! » Enfin, il comprit le sens initial de sa démarche à l’instant même où il aperçut sa toge romaine, délicatement déposée sur un fauteuil non loin de lui. Il s’en saisit et dit : « Une nouvelle vie commence, bordel de merde ! A présent toi et moi, c’est pour la vie ! » Jusqu’au jour de sa mort, Jean-Pierre vécue avec sa toge d’un amour platonique et sans limite. D’ailleurs un soir, au coin du feu, après une longue journée rude et difficile, il s’adonna à une description délicieuse à toutes oreilles averties : « Ô élégiaque beauté, tendresse dionysiaque, pilosité apollinienne, Ô toge d’or et d’airain, Ô aime-moi et je t’aimerai, Ô abhorre-moi et je t’aimerais. » Et il se suicida.

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Publié dans Nouvelles enivrées

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P
Je m'en doutais, c'était la seule sortie raisonnable quand on est con comme lui.<br /> heu! remarque même quand on n'est pas con comme lui.<br /> Tu es désepérant. N'as-tu pas quelque part un moindre plus prometteur. A mon avis tu lis trop Cioran.
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C
tu te inscris a la newletter <br /> ps :repond
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C
regarder les video de remy n importe quoi
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C
salut inscris toi a ma newletter sur le blog de cristobal si tu t inscris a ma newletter je m inscrirais a la tienne <br /> ps : si tu t inscris laisser un commentaire merci a+ sur le blog de cristobal
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