Les Carnets du dictateur, dix-huitièmes préludes

Publié le par Lukaleo

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24 de novembre

 

            Monsieur le dictateur, monsieur le dictateur, réveillez-vous, vous avez oublié de prendre vos somnifères… C’est sur ces mots qu’on me réveillât. « Vous avez fait une crise de démence, monsieur le dictateur » qu’elle me dit. Voilà pas moins d’une semaine que sous la frilosité épanouie d’une fine couverture blanche, je me trouvais dans une section hospitalière de je ne sais quel établissement dans la mesure où j’avais pris la décision formelle et inaliénable d’éradiquer toute formes d’infrastructures sanitaires dans mon empire. Je fus pourtant épris d’une certaine satisfaction lorsque je constatai la prolifération étonnante de jeunes infirmières qui s’activaient sous la houlette d ‘une plus mure. L’une d’elle, à  la poitrine fort aimable se proposa de me raconter tout ce qui s’était passé ce à quoi je répondis d’une voix grave et suave : « J’aime les histoire les longues. » Le récit qu’elle me relata sembla sortir des tréfonds démentiels d’un aliéné fou.

            La charmante jeune femme me parla d’un vieux barbu tantôt unijambiste tantôt sorti d’un siècle reculé qui me hantait, elle me dit que je m’étais réfugié dans les chiottes croyant être persécuté par un cortège menaçant qui voulait ma mort. Dans les chiottes, je m’enfermais et je laissais éclater tous mes désires inconscients refoulés. C’est là que se déroule la chute aux confins de la folie. « Ben merde alors » dis-je d’un ton émerveillé sans trop savoir ce à quoi je répondais, obnubilé par mon indifférence jouissive et je ne puis l’expliquer.

            Je crois que je comprend mieux ce qui se passe, cher Journal, j’ai…..j’ai perdu la raison ! Tout me reviens en mémoire, je me sens terriblement honteux. Je restai figé et de marbre dans mes réflexions abrasives qui commençaient sérieusement à me hanter. Je me leva de mon lit et marchait dans cette pièce éclairée à la lueur d’une lampe orangée. Je vis qu’il était 21 heures, j’étais seul. Alors que je tournais en rond, je fus stupéfait lorsque je me vis dans un miroir à hauteur de ma tête, relativement petit par la taille, et fort fascinant. Je me rapprochais délicatement vers lui. Mes yeux devinrent énigmatiques, mes sourcils devenaient pointus, tel l’accent circonflexe que je vis inscrit sur ma main, ce matin, en signant un arrêt de mort. Ma protubérance nasale vint toucher le miroir susdécrit. Je me recula soudainement, pressa le bouton qui éteignait la lumière et fut pétrifié. Une légère pellicule de luminosité extérieure me décrivait sur le profil, le reste étant une ombre extraordinairement sombre. A l’instant même où l’obscurité fut, je crus apercevoir un autre homme, un visage inconnu, quelqu’un que je ne suis pas. Je rallumai, j’éteignis durant un long moment, captivé, effrayé par tant de mystère exhorté. Lorsque je compris que cet épisode de ma vie était insignifiant, je pris la décision de me recoucher.

            Dans ma nuit impénétrable, des silhouettes de fortes corpulences déambulaient sous mes yeux effleurés par les larmes du désespoir. L’une d’elle éclaira la pièce. Je fus ébloui par ce retour méprisable de l’éclairage. Partout des vieillards dansaient vêtus de blouses blanches d’infirmières. Je n’étais quand même pas fou, je me souvenais du nom de ma mère et du mois où je suis né, et puis j’étais en possession de toutes mes facultés, bordel de merde ! Un éclair de lucidité me transperça soudain la panse cérébrale : « On veut me virer ! C’est ça, la vie ne veut plus de moi ! Elle veut que je parte ! » avant que : « Peut-être, est-ce du bluff ! On veut me virer de mon poste ! Mais ils n’ont pas le droit ! Je suis le dictateur quand même ! Et si j’étais un mauvais dictateur ? Trop libertaire, trop égalitaire, Trop fraternel ? Et si c’était ça !? » Je me jurai de me relever et de partir à la quête de la vérité, habité par une brusque et solide volonté de puissance et de force vigoureuse. Une minute n’était pas passé que je me laissais déchoir dans mon lit, gueux et misérable : « On verra demain…»

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P
Très drole, votre commentaire, chez moi. Monsieur le pseudo "philosophe". <br /> <br /> Rassures-vous, j'avais compris...que l'espèce humaine était damnée et qu'il fallait en rire, tout simplement.
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