Journal d'un éphèbe à la sexualité douteuse

J’ai la subite et terrible impression d’être différent des autres, peut-être même d’être malade. Je n’en sais rien en fait. En tous cas, je palpe quand même au fond de mon être la fâcheuse flétrissure de l’anomalie. J’étais hier à une diurne réjouissance, organisée par un copain. Y’avait une quinzaine de personnes, et c’était bien. On mangeait tous autour d’une table basse, et je dois dire que les amuse-bouches étaient franchement bien bons, tout comme ma voisine. On a parlé d’un peu de tout, moi-même je me sentais bien en verve, et ma voisine, je la faisais bien rire, et je lui parlais de trucs qui semblaient l’intéresser au plus haut point. Bref, j’étais aussi heureux que Napoléon après la bataille d’Austerlitz.
La nuit avançait, l’état d’ébriété des invités aussi, et la discussion à immanquablement dérivée sur des sujets qui touchaient aux contenus de nos slips respectifs. L’alcool aidant, l’un d’eux commença à clamer haut et fort son homosexualité. Il était très typé, le gars, alors moi, j’étai pas étonné pour deux ronds, qu’il faisait partie de la jaquette. Cela dit, son voisin continua, en disant que lui, il était bisexuel. Alors là, moi je me dis « ben merde », parce que c’est vrai qu’on n’aurait pas dit. Cela dit, ce n’est pas marqué sur la tête des gens ce genre de trucs. Il commence à nous expliquer les avantages et les inconvénients de la bisexualité, et y’en a un qui rentre dans la conversation, alors que c’est vrai qu’avant, on l’avait pas franchement entendu : il expliqua que lui, il est zoophile, et qu’il vivait une idylle avec sa chèvre « Pépée » depuis bientôt quinze ans, et qu’il n’en était pas peu fier. Là, je devenais aussi blanc qu’une merde de laitier, parce que franchement, la zoophilie, c’est quand même un peu une perversion, que je me disais. Et d’ailleurs, après avoir bu une goulée de Vodka-Tonic je lui faisais remarquer que « pour moi, la zoophilie, vois-tu, c’est ni plus ni moins qu’une perversion ! »
Là, les autres n’étaient pas d’accord, et ils me le firent savoir en poussant tous ensemble une sorte de long cri désapprobateur : « Oh ! Une perversion !? » Puis, un autre se leva et il prit la parole : « Et moi alors ? Je suis pédophile et je le dis bordel ! Et je te ferai savoir que la pédophilie, c’est tout sauf une perversion mon coco ! » qu’il me disait dans les yeux, et en me montrant du doigt. Son voisin, prit la parole, et expliqua avec véhémence que lui, il était pédophile à tendance sadomasochiste et fétichiste, et qu’il ne voyait vraiment pas où était le problème ! Y’en a un autre qui me dit que c’est à cause de gens comme moi que certaine minorités sexuelles sont exclues de la société. D’ailleurs, ce bonhomme, il était nécrophile : « Et alors, comment ça ? Je peux plus coucher avec des gens qui sont morts ? C’est ça ? Et de quel droit que tu m’interdirais de coucher avec des cadavres, hein ?! » Tous les invités me scrutaient avec des yeux furibonds : « Hein ? De quel droit ? » qu’ils me demandaient du regard.
Celui qui était en face de moi, me dit, avec une voix, très enraillée : « Et si je te disais que je pratique l’ondinisme ? » Comme je ne savais pas ce que c’était que ça, je lui demandai le sens de ce mot bizarre : « Ah ! Mais tu te permets de traiter les gens de pervers, alors que tu es le dernier des ignorants ? » Les autres secouaient la tête outrés, accablés par ma présence malvenue : « Et toi, on peut savoir quelle est ta sexualité ? » qu’ils se renseignaient « Moi ? Je suis hétérosexuel » que je leur réponds. Ils firent une moue de dégoût, les filles se sentaient alors menacées par ma simple existence. L’ami qui m’avait invité se posa devant moi, et il me montra la porte en me disant froidement : « Dehors »
Je me levai, allais vers la sortie, et regardais une dernière fois ma jolie voisine. Elle n’avait rien dit, peut-être qu’elle était comme moi. Ca m’étonnerait. Les hétéros, ont doit plus être très nombreux, c’est sûrement pour ça que je suis célibataire. Faudrait que je me fasse soigner. Peut-être castrer….