Les Carnets du dictateur, onzièmes préludes

Publié le par Lukaleo

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25 de septembre

M’étant un instant assoupi, je fus réveillé brutalement au son discordant d’une voix malhabile qui susurrait : « Votre prostate…….ou est-elle ?.....Vous m’entendez ?.........Votre prostate, elle est où ?.........Hein ?..........Vous l’avez foutu où ?........Oh !.....Vous allez me répondre ?.....Vous l’avez perdue, c’est ça ?.... » Mon retour à l’a conscience fut atroce, rien de tout ce qui se déroulait, je ne saisissais. Pourtant, dans l’inertie de ma rêverie imbécile, je cru comprendre qu’il s’agissait d’un problème de prostate. D’un sursaut instinctif, je levais soudain la tête, et découvrais alors avec torpeur et hébétude, par les seules possibilités qui restaient à ma vision restreinte, le faciès approximatif et peu académique d’un lointain homologue. Je jouais les peu troublés d’apparence : « Ahahaha, John, sacré farceur ! » Il esquissa un léger sourire puis le mis dans son froc. « L’heure est grave ! » Mon incompréhension atteignait alors des sommets de négligence. « Qu..quoi…..qu’est-ce qui y a ? » lui glissais-je à l’oreille qu’il avait de démesurée. « Mais enfin, je t’ai déclaré la guerre bordel ! »

C’est autour d’un whisky coca que nostre¹ discussion se prolongea. Il s’envenima subséquemment dans un long monologue dont je ne pus saisir que quelques bribes face à ma mémoire vacillante. En résumé, il me précisa qu’il m’avait déclaré la guerre parce qu’une dictature qui fait rien que d’exterminer des gens, ça va bien cinq minutes. J’acquiesçais par un silence parlant. Aussi, je concluais cérébralement : si le pays voisin venait de nous déclarer la guerre, c’est que nous devions nous préparer au pire !

Seulement, au cours de ma jeunesse passée, et notamment lorsque j’ai rédigé Mon combat,  livre qui a d’ailleurs suscité la controverse du fait des nombreuses fautes d’orthographe qu’il comportait,  je songeais déjà au poste que j’occupe actuellement et qui n’est pas dénué d’intérêt (alors que je n’ai même pas le BAC !). De plus, c’est en faveur de la paix vers laquelle j’ai souhaité tendre, et ce pour des raisons personnelles, que j’ai signé avec mon collègue, un pacte de non-agression.

Le soir même, je ramenais une femme agréable aux cinq sens humains. Ses formes épurées renfermaient une carcasse de muscles et un esprit fin et raffiné (ce qui constitue un odieux paradoxe.) Toujours est-il, que cette charmante jouvencelle avait bien l’intention de voir plus loin que mon simple bras auquel elle s’agrippait avec délectation. Je l’en priais avec politesse et courtoisie.

Le surlendemain, je fus étonner de constater qu’il n’y avait plus de pâté pour chien (oui c’est très bon avec un peu de curry) ni de tomates farcies, ce qui d’autre part, aiguillonna mon innommable courroux. Un individu de faible stature au langage siphonal, remédia à ce ténébreux préjudice en allant acquérir ces quelques vivres. Hélas, l’achat de tomates farcies fut considéré comme une attaque frontale à nos chers voisins qui virent en cet acte, le fait de l’impartialité de l’Etat providence et du statut des femmes dans une société de sexisme exacerbé. Le pacte fut rompu et la guerre éclata.

Je dois avouer ici que je ne comprends pas toute l’affaire. Une dictature voisine veut une guerre car nous exterminons des gens. Ensuite, son chef despotique vient me réveiller en me causant de prostate. Puis, nous signons un pacte de non-agression ; et il le rompt dans la journée ! Et en plus de ça, nos soldats préfèrent forniquer que de ce foutrent sur la gueule, et tout ça parce qu’ils ont compris qu’on était cerné par le néant ! »

 

« V. DICTATEUR  42 A YM (Y. DE COCHON) TAILLE MOY.  CH. SOLDATS POUR SE FOUTRENT SUR LA G.   CERNES PAR LE NEANT S’ABSTENIR. »

 

Le temps presse !


 ¹ Anc. Français. De nos jours, il serait préférable d’employer « notre »

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