Décollage Horaire
Gérard Pustule est un homme qui à première vue ne présente rien de particulier. Et c’est vrai. D’ailleurs, c’est ce qui le caractérise : il n’a aucune particularité. A première vue, seulement. Parce que si on gratte un peu on s’en rend compte que c’est un individu qui peux dire honnêtement l‘adage bien connue : « je n’ai rien à cacher ». Or aujourd’hui, n’avoir rien à cacher, c’est une particularité d’une rareté qui la rend aussi singulière que les ordinateurs fonctionnant normalement. Quelqu’un qui peut dire sincèrement qu’il ne cache rien aux autres, a forcement quelque chose à se reprocher.
Dans le cas de Gérard Pustule, il s’agit d’une glace. Une glace qu’il ne cache certes pas, mais qui est tout de même particulière. Or cette glace si particulière, elle lui appartient. Et détenir quelque chose de si bizarre rend forcément aussi étrange, car comme le dit si bien l’adage : « j’ai, donc je suis ». Et que ça vous plaise ou non, cet homme, en possédant une glace aussi remarquable, l’est tout autant : car sinon, pourquoi posséder un tel objet ?
Cela dit, autant il est bien compréhensible que le fait de posséder un objet peu commun révèle une personnalité sans pareil, autant il n’est pas compréhensible que la glace soit particulière : une glace sa reflète ce qui est en face d’elle et ça ne mange pas de pain : une glace ça ne peut pas être communiste, nazie, écologiste, hédoniste, ou végétarien, ou tout ce genre de choses si particulières. Car comme le dit l’adage, « une glace est une glace », et il faut reconnaître que ça tombe sous le bon sens.
Eh bien pourtant cette glace n’est pas tout à fait comme les autres : elle reflète avec du retard. Il lui faut cinq à six seconde pour refléter ce qu’elle voit au moment où elle le voit, ce qui tombe aussi sous le sens. Or, pour se raser, pour se laver les dents, il est très peu commode de se voir comme on était il y a de ça cinq seconde. Et quand vous venez de vous couper en vous rasant, et que dans la glace, vous vous voyez tranquillement en train de siffloter, c’et très gênant. Et au-delà de cela, imaginez un peu le problème existentiel qui se pose à notre Gérard Pustule. Quand il approche son visage à seulement quelques centimètre de sa glace, il se voit cinq seconde plus tôt, c’est à dire en train de se nettoyer le troufignard de fond en comble, et ça il ne le supporte plus.
Plus grave encore, cette homme qui l’observe sans cesse, cet étranger, là, dans la glace qui accomplit avec du retard tout les geste qu’il fait, et qui souvent l’observe. Souvent Gérard Pustule le regarde dans les yeux pendant de longues minutes, est étant totalement immobile, les théories s’embrouillent et se confondent dans sa tête, est-ce que c’est moi, ou est ce que c’est cet autre (qui notez bien est aussi lui-même) ? En voilà une question, dont il conquièrent la réponse par un geste de la main, qui en face ne se produit pas, ou du moins, cinq secondes plus tard.
Quelques mois, plus tard, n’en pouvant plus, Gérard Pustule se suicide devant sa glace : regardant son reflet retardataire dans les yeux, il se tire une balle dans la tronche. Et pourtant, tandis qu’il était mort, son reflet vivait encore : et il a sut de son vivant ce qu’il y a avait la mort. Mais cinq seconde vivant pour comprendre en conséquence le sens de la vie, c’est court : le temps s’écoula, et la reflet accompagna le reflété. Mais ce dernier avait utiliser la dernière balle du chargement, il n’était plus chargé. A méditer.