Le Premier Fumiste

Publié le par Lukaleo

last-cigarette.jpg     C’est un fait, quand on est un homme politique qui fume, on a un problème tout à fait incompressible. Alors je vous vois venir, citoyen poujadiste qui ne saisit pas la chance qui est la sienne, mais je ne parle pas du problème qui consiste à voir un homme politique donneur de leçon qui ne respecte précisément pas ce qu’il légifère, à savoir ici, la cigarette et le fait d’en fumer. Non, je parle ici, du paradoxe terrifiant, de la bizarrerie affolante, de l’étrangeté alarmante, et qui pourrait se résumer en un seul mot : problème.

     Car en effet. Mettez vous un instant dans la peau d’un homme qui a une haute estime de la nation, et qui est prêt à la servir, au point de lui consacrer son existence et l’ensemble de son dévouement. Mettez vous à la place d’un homme, qui, représentant démocratique du peuple français, et qui se bat pour ce dernier, fait voter pour le bien de tous une loi visant à l’interdiction de la consommation de cigarette dans les lieux publics. Mettez vous à la place d’un homme, qui malgré ses actions contre la cigarette pour des problèmes de santé publique, est totalement accroc au tabac.

     Et bien alors, vous ne pourrez pas dire le contraire : vous aurez là un gros problème. Parce que chaque fois que vous irez boire un petit coups dans un bar ou vous vous faire chier au conseil municipal de votre ville, et que vous voudrez en grillez une petite, non seulement vous ne pourrez pas, non seulement on vous crachera à la figure si vous osez sortir un briquet et un paquet de cigarette souillé du fameux « Fumer tue », mais en plus, tout cela sera de votre faute ; et ça, c’est quand même con.

     Imaginez un instant la culpabilité qui sera la votre quand vous aurez envie d’en fumez une laconique, le dégoût qui sera le votre lorsque le matin, vous vous regarderez dans la glace, la haine de vous-même qui sera la votre, quand vous vous rendrez compte de l’inutile restriction que vous vous serez proprement infligé, vous empêchant de fumer vous-même les cigarette qui, par ailleurs, seront les votre, au cas où vous n’auriez pas bien compris.

     C’est donc ainsi que cet homme politique, fumeur comme ce n’est pas permis, a décidé de mettre fin à son existence, parce qu’on ne peut pas vivre tranquillement en ayant fait voter une loi qui ne va pas dans votre sens. C’est comme si il venait de tuer quelqu’un est qu’il rétablissait la peine de mort, dans la foulé : c’est comme qui dirait se tirer une balle dans le pied. Ainsi donc, refusant de continuer à vivre sous l’intolérable dictat liberticide qui le désavantageait lui, et dont il était, lui, l’initiateur, c’est-à-dire, au cas où vous ne l’auriez pas compris, une grosse connerie; il décida de se suicider. Mais refusant de se pendre, de se faire exploser la tête, de se noyer, de sauter d’un immeuble ou dans un dalle de béton encore fraîche, de se jeter sur les rails d’un TGV lancé à 300 kilomètres heures, de s’immoler en place publique comme n’importe quel autres imbéciles du Tiers-état, cet homme politique, voulu mourir d’un cancer des poumons, et ça, pour un fumeur, c’est une belle mort !

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Publié dans Nouvelles enivrées

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S
Ah oué.
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