Les Carnets du dictateur, des courbes relations II

Publié le par Jovialovitch


 

7 de novembre


     En somme, tout était retombé misérablement et il me semblait jamais n'avoir été aussi seul bien que Célestine m'invitât toujours et que j'allai parfois, mais rarement chez M... , ce que je dus bientôt cesser de faire. En revanche, j'avais depuis remarquer de nombreuses filles et je délaissais aussi Célestine, devant laquelle je ne sourcillais pas. Et un jour, je me décidai à lui parler ; je voulais lui dire que je ne l'aimais pas et que je ne l'avais jamais aimé, cela étant, qu'on ne devait plus se voir et que cela serait mieux. Quand j'arrivai chez elle, je ne sus trop par quoi commencer et, tandis qu'elle me déshabillait, j'eus eu véritablement du mal à lui causer. Cependant, quand l'heure se trouva fort avancée et que qu'il était temps que je regagnasse mon humble et vénérable demeure, j'annonçais avec toute la solennité emphatique dont je me plais à user en ces discours d'une gravité sans nom, quand l'heure se trouva fort avancé, donc, je dis à Célestine qu'il faudrait que l'on arrête de s'embrasser en public et qu'on montre que nous nous aimons plus. J'avais un peu modifier mes paroles par rapport à mon initial dessein ; je savais que toute les copines de Célestine n'étaient pas sans ignorer notre amour et aussi, nous l'exhibions souvent, quoique se soit toujours Célestine qui me baisait.

     Ce que j'annonçais dans mon entretien avec Célestine, et à quoi elle convient, je ne le respecta point du tout dans le sens où j'appliquais à notre relation mon intention première et non avouée. Depuis lors, je n'étais pas retourné la voir, et avouerais-je que je l'avais enterré bien profondément dans ma mémoire, sinon pour l'oublier, du moins parce que j'avais depuis, fort à faire. Et effectivement, je m'étais trouvé à séduire une jeune fille très belle qui répondait au prénom de N... Elle ressemblait légèrement à M..., mais ce qui la distinguait outre mesure, c'était sans doute la générosité de ses rondeurs. Cette fois-ci je prenais le rôle de Célestine car j'aimais beaucoup plus cette fille qu'elle ne m'aimait probablement et si je m'en était rendu compte, aurais-je été bien malheureux ; Célestine l'eut été aussi si elle avait su.

     Avec N..., cela dura au fond peu de temps. Ce n'est pas que nous ne nous aimions plus, mais c'est qu'elle déménagea, et que depuis je ne l'ai plus jamais revu. Entre temps, j'avais fait la rencontre d'une autre charmante demoiselle avec laquelle nous eûmes une longue discussion et de laquelle j'appris qu'elle avait l'intention de se marier plus tard avec quelqu'un que je connaissais et qui se trouvait être moi-même. En vérité j'avais déjà croisé cette Charlotte, ainsi s'appelait-elle, qui m'annonçait cela de manière tout à fait brutal et surtout, et cela je ne l'accepte pas, qui ne tint pas promesse puisque je ne la revis également plus jamais après cette journée. Troublé que j'étais, je ne savais trop quoi lui dire, et ce d'autant plus qu'elle voulait savoir si il y avait des filles que je trouvai belles, etc ; tout cela sans doute pour me faire prononcer son nom, ce que je ne fis pas en concédant que cela était fâcheux, mais que je ne connaissais point de filles susceptibles de beauté.

     Mon existence s'écoulait donc en compagnie de N... qui incarnait peut-être l'idéal féminin qui était le mien ; je connus d'ailleurs par la suite, de pareils visages et de semblables corps. Elle venait parfois chez moi et nous parlions et nous nous embrassions, tout cela de façon plus passionnée qu'avec Célestine que je ne regrettais décidément pas. Seulement, les choses se précipitaient, et N... partirait. Avant son départ et nos adieux, il y eut par ailleurs un événement que je ne compris jamais de toute ma vie, un incident profane, une erreur humaine, une relation contre-nature - non que l'influence de Sodome me soit si ignominieuse bien que loin de moi - mais avec un être..., un être si honteux, si gros et gras...., un être !..., répugnant entre tous !

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