Le Carpatisme - Nous, joueurs de flûte !
18.
La vulgarité. A l'instar de la laideur, la vulgarité est parfaitement voulue. Aussi extravagant que cela puisse paraître, elle est même recherchée, exaltée, sanctifiée. Autrement dit, le vulgaire tire une certaine fierté de cette vulgarité qu'il ignore, ou du moins feint ignorer dans la mesure où il l'embellit, c'est à dire, en l'occurence, il la vulgarise. On retrouve ce trait chez le laid qui passe le tiers de son temps à tenter de se dire qu'il n'est pas si laid tout en vantant, à outrance, et dans toutes les occasions qui se présente, sa laideur par auto-dévalorisation pour se convaincre encore plus qu'il n'est pas si laid et ce par suite des consolations que ses amis ou proches dont l'hypocrisie est sans faille, lui adressent sous prétexte d'amitié. Mais au contraire de la laideur, la vulgarité ne peut se dissimuler ; aussi, ne confondons pas les deux. On retrouve naturellement la vulgarité dans des termes auxquels on ne finit plus de vouer un culte quasi-divin, profondément ridicules, que dis-je, vulgaires ! Le simple mot « modernité » est peut-être le masque qui voile le plus haut degré de vulgarité ! Et j'entends « modernité » sous toutes ses formes. Les « sociétés modernes » qui ont hanté tant les sociologues ; et qu'on retrouvent dans nos institutions modernes, etc. Il nous appartient, à nous, carpatistes, d'ouïr le mot le plus absurde et vide qui soit : « modernisation » pour corriger avec ferveur celui-ci par un « vulgarisation » plus convenable.
La mode vestimentaire est devenue à cet égard une nouvelle Église, le nouveau temple divinisé qui ne tolère que la seule raison d'être « à la mode », justifiée comme tous les phénomènes religieux, par un culte général et une dévotion inébranlable. Citons ici la parole non moins divine d'Oscar Wilde : « La mode est si ridicule que l'on est obligé d'en changer tous les six mois » L'élégance s'oppose à la modernité ; la modernité est calomnie et falsification !
En vérité, la vulgarité est devenue une épidémie mondiale dont les conséquences dramatiques dépassent, et comment, celles d'une peste moyenâgeuse classique. Et ce parce que cette nouvelle forme de maladie a des effets si peu visibles. En politique, où l'ultra-libéral est aussi grotesque que le protectionniste le moins fanatique, le mondialiste aussi détestable que l'alter-mondialiste, le consommateur "décomplexé" aussi insignifiant que l'ascétique "moral" qui va à la messe tous les dimanche, en somme, aussi vulgaires. Quant à l'art, ne le dit-on pas « moderne » ?
Méprisons la modernité, que diable ! Soyons joueurs de flûte !