Le Carpatisme - L'art moderne

Publié le par Jovialovitch

























8.

 

Critique de l’art moderne. L’épidémie est tellement répandue dans nos musées et par-delà qu’il est tant de mettre fin à la plus grande erreur de l’humanité depuis l’invention du parcmètre automatique. L’art moderne, comme le choléra d’ailleurs, n’a jamais eu dans mon estime qu’une place médiocre. Ce n’est pas tant par dégoût - qui serait totalement gratuit - du choléra, que par haine du simple terme moderne qui provoque chez moi une répulsion pathologique : vomissements, diarrhées, déshydratation, etc. Mais me direz-vous, d’où proviennent les symptômes précédents ? Penchons-y dessus mon œil éclairé. Ce que je vois, c’est que les artistes qui se disent modernes s’acharnent à une mission sacrée : savoir si ce qu’ils font peut être qualifier d’oeuvre d’art. Ainsi dans toute oeuvre voit-on cette interrogation posée alors même que la réponse saute aux yeux. Outre cela, ces artistes ont pour volonté de faire exploser tout ce que l’art a construit depuis le premier mammouth peint dans la grotte de Lascaux. Et dans cette destruction, ils construisent fatalement autre chose dont on ne peut donc dire si c’est de l’art puisque on ne retrouve rien des codes arriérés. Mais l’erreur de ces artistes, c’est qu’ils ont crus voir dans la mort de la représentation, la libération totale du peintre qui, pour créer n’a plus besoin que de lui-même. Ils prétendent, en d’autres mots, puiser dans leur seule personne tout ce qui fait son art. Peut-on parler alors d’affranchissement ? 

C’est un musellement ! Sans le rapport au monde, sur lequel l’artiste portait jusque là un regard angoissé et exprimait ensuite tout ce qu’il ne pouvait comprendre, il mettait en relief, il colorait, il boursouflait, arrangeait, il dérangeait, bref, c’est ce qui faisait sa force créatrice et lui permettait de se renouveler. Or, l’artiste qui ne prend que ce qu’il a en lui, comment se renouvelle-t-il ? Quel rapport a-t-il, quel recul ? Qu’exprime-t-il ? Il se mort la queue ! Il est borné. Il se répète et chacune de ses créations est un nouveau barreau qui l’enferme. De plus, la démarche artistique, que dis-je, la philosophie même de l’art réside dans la haine – à l’origine de l’acte créateur - inspiré par ce qui est laid, c'est-à-dire, ce que l’œil exècre, ce qui repousse, le répugnant de ce qui avilit,….Et qu’est-ce qui avilit aujourd’hui ? L’art moderne ! Artistes, méprisez l’art moderne !

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Publié dans Carpatisme(s)

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C
Je voudrais apporter quelques précisions aux propos ci-dessus afin d'éviter les malentendus : il ne s'agit évidemment pas de jeter aux orties l'ensemble de l'art contemporain ou des explorations abstraites. Peindre à la manière du Titien aujourd'hui relèverait du folklore pour touriste en bus. Mais d'éviter un certain snobisme avançant masqué derrière une (im-)posture démagogique, qui proclame haut et fort qu'il suffit d'être sensible pour être artiste. Que nous pouvons tous l'être, même sans savoir faire.
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P
Là, je suis muette, parce que n'y connaissant rien, je sais d'instinct ce que j'aime et ce que je trouve déplacé voire obscène. Et la place insensée des critiques sur le marché financier de l'art!!!<br /> J'ai tenté, il y a longtemps de lire "fenêtre sur le chaos" de Castoriadis, faudrait que je le reprenne. mais si mes souvenirs sont bons il écrit quelque part que les grands moments créateurs de la culture occidentale datent de 1930. On en pense ce qu'on en veut, évidemment, je n'ai plus les arguments.<br /> Bonne soirée, Jovial.
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D
Hum ! Vous me semblez confondre art moderne et art contemporain. L'art moderne a déjà deux siècles d'existence. Quant à l'art contemporain, il est si multiforme qu'on ne peut tout en jeter aussi vite. Il y a des impostures, c'est vrai, mais aussi de belles réussites.
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C
J'ose espérer que cette diatribe (cou-)rageuse puisse être reçue au premier degré. Suivant d'instinct cette hypothèse, j'ajouterai que bâtir m'a toujours semblé plus intéressant que déconstruire, activité totalement déplacée hors du travail philosophique du concept. Ainsi donc ai-je toujours envie de répondre aux créateurs d'installations aussi absconses que laides, indéchiffrables sans mode d'emploi, qu'il eût mieux valu écrire un livre ou un article pour expliquer leur pensée que commettre une bouse de mammouth narcissique. Effectivement, quand il n'y a plus de travail sur le monde mais seulement un "m'as-tu vu me voyant ?", quand l'art abandonne tout savoir faire artisanal pour se vautrer dans la pure spontanéité, l'obscène indigence de la pensée et de la main se masque derrière la valorisation à outrance de la modernité et de la nouveauté, comme gages en soi de qualité intrinsèque... Ceci dit, tous les artistes contemporains ne sont heureusement pas à mettre dans ce panier dispersé.
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