Cassiopée pour un pétrodollar

Publié le par Jovialovitch

Apocalypse.jpg      Les yeux, pupilles irisées de douleur, s’emplissent rondement de larmoyantes perles salées… Les bouches grimacent des hurlements de peur et d’angoisse… Les figures sont blêmes, décomposées par une claque lugubre et sinistre… le deuil s’affiche sur des visages qui n’ont plus de masques… les mains tremblent, et ne cessent de gémir d’une souffrance sans fin… Les âmes et les cœurs sont déchirés… le couperet terrible est tombé...la froide et implacable nouvelle à scindée tous les espoirs, déchiquetée méthodiquement l’espérance en un terrible coup sec… rien n’a plus de sens, aujourd’hui, en ce triste jour terrible, tout s’est effondré…

      Il est arrivé, l’homme… un normalien, la cinquantaine… un type qui sans doute, n’allait jamais faire parler de lui… un type qui sans doute, était le plus discret qui soit… Il s’est présenté devant la foule silencieuse, pendue à ses lèvres… Les journalistes du monde entier sont là… Ils commencent son discours, comprenant bien que l’Histoire le regardait maternellement… une cohorte de siècles qui lui demandait de ne pas se rater… l’instant est grave… le souffle du millénaire lui secoue tous l’organisme psychique… mais il garde son sang-froid, et parvient sans faillir à dire, la voix posée, et l’œil froid : « Nous venons d’épuiser la totalité des réserves de bonheur »… la température vient de chuter… on a quelque malaise éparses dans la salle… les pupilles viennent de se racornir…soudaine sécrétion accrue de sueur…quelque frissons dans le dos…

       Alors ça y est… il vient de la dire, le petit comptable… les hommes viennent de pomper la dernière goutte de bonheur présente dans le croûte terrestre… Certes, on le savait depuis longtemps, qu’il y en avait de moins en moins, que bientôt, il n’y en aurait plus… Mais c’était pour encore cinq ou six décennies…enfin ce n’était pas pour tout de suite, au moins la génération d’après ! Eh ben non ! Plus de barils de bonheur, Niet !...il n’y en a plus, on a tout usé : maintenant, l’énergie, va falloir la trouver ailleurs !

      Ce séisme politique ébroue violemment des pays instables...des dizaines de gouvernements renversés, des dizaines de révolutions…Ailleurs, on tente de calmer les gens qui sortent dans les rues… Il n’y a  plus de bonheur sous terre ? Ouais, et en plus, on n’a pas d’idée ! Mais comment on va faire pour être heureux ? Si on peut plus consommer du bonheur comme avant ? Qui va le vendre, le bonheur, qui va le fabriquer…où qu’on va la trouver, l’énergie ? Le monde vacille…c’est la chute de l’Empire Romain… c’est l’An Mil…c’est la Peste Noire…c’est la découverte de l’Amérique… c’est les révolutions françaises et russes en pire… c’est 1815, c’est le jeudi noir… c’est 1939…c’est les fusées de Cuba…c’est la chute du mur…c’est le onze septembre ! C’est tout ça réuni ! Bon dieu, plus de bonheur ! Mais qu’est-ce qu’on va devenir ? Les scientifiques, faut qu’ils trouvent une nouvelle source d’énergie, sinon… sinon…sinon quoi ?  

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Publié dans Nouvelles enivrées

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