Journal d'une dinde de Noël

Publié le par Jovialovitch

dinde2.jpg     Moi ce que j’en dis, de Noël, c’est que c’est une belle saloperie ! Ah, ils peuvent jouer les malins ! Les philosophes du divin enfant : ce que je sais… c’est que si on est en train de me fourrer l’oignon, et qu’on va me farcir avec des marrons… c’est à cause de cette foutue fête de malheur ! Pouah ! Quand je vois tout ces gens qui se marrent, et qui rigolent, et qui se font des cadeaux !... hypocrites ! Et pourquoi ? Parce que l’autre il est né dans son étable ? Ya deux milles ans ? Pour quoi faire, déjà ? Pour sauver les hommes ? Pour redonner de l’espoir à l’humanité et au peuple juif ? Non mais on est en plein délire ! La dernière chose qui rend les gens heureux pendant Noël…c’est le chèque-cadeau de la Fnac, un point c’est tout !

      Tiens, voilà qu’on me met dans le four !... Et puis d’abord, cette fête de Noël… Comme quoi l’autre vient de naître est tout et tout… je ne vois pas en quoi ça leur fait bouffer de la dinde ! Non mais qu’on nous laisse tranquille, nous autres, les dindes !... On n’était quand même pas le plat préféré du Christ que je sache ! Alors ? Et attention, moi je parle au nom des huitres, des crevettes, des escargots, et de tous les foies gras de canards, qui en ont tous plein le cul de se faire dévorer chaque année de la même façon ! Moi, je reste toute seule dans mon four à mijoter, alors que eux, mes consommateurs indignes… ils s’amusent... ils rient...  en familles… entre amis… ils se souhaitent plein de truc… Ils se confient… ils se parlent… « C’est Noël ! Joyeux Noël » qu’ils hurlent à chaque coin de phrase ! Je ne savais pas qu’on pouvait autant glousser autour du cadavre disloquée d’une dinde ! C’est que je commence à chauffer sérieusement dans mon four !

     Bande d’ingrats ! Et puis qu’il ferme sa putain de grande gueule… ce connard de Tino Rossi ! C’est que j’en peux plus… j’aurai aimé me faire dévorer tranquille… avec au moins une messe des morts digne de ce nom… Ah ! Ca y est, je dois être cuite… La cuisinière vient me chercher… elle ouvre la porte du four ! Aïe ! Voilà qu’elle me pique avec sa fourchette ! Je suis cuite qu’elle dit ! Ah ! Elle me porte dans la salle à manger ! Ils sont tous content de me voir, les convives ! Minables humains tiens ! Quoi, qu’est-ce qui dit le vieux là ? « Cette dinde suffit à ma prouver l’existence de Dieu ? » Non, mais ça y est, il ne se sent plus, l’ancien ?

     Aller, c’est qu’ils ont faim ! Et hop, j’ai plus d’ailes ! C’est qu’il m’arrache les cuisses maintenant ! Et vas-y qu’ils piochent dans le blanc ! C’est qu’ils ont l’aire de m’aimer ! Par contre, pas un qui touche à mon soli laisse… pas étonnant… Tiens je vois bien le sapin d’ici… Il est bien beau… il scintille, multicolore ! Et puis, ya cette étoile !...qui le surplombe ! C’est sacrément joli, tiens ! J’en ai la chaire de poule… 

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Publié dans Journaux intimes

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P
C'est dur d'être une dinde... surtout dans tes billets.
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J
Est-ce que tu parles en connaissance de cause ? (je me marre)
P
Je te souhaite de bonnes fêtes et ainsi qu'à tous ceux que tu aimes et qui t'aiment.
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C
Intéressant les impressions d'une dinde en train de cuire dans un four. La pauvre !<br /> Bonne journée Jovialovitch
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P
Noël...<br /> La dinde a raison, c'est une saloperie! une vraie de vraie.
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